Absurde (suite)

Publié le par samya

Nous avons passé deux années sans salaire! Comme nous avons accepté le poste d'administrateurs, nous devions être payés sur cette base. Mon collègue a fini  par repartir à létranger. Je suis restée seule à baigner dans l'aburde: j'aurais pu avoir le poste où j'étais avec une simple licence, mon doctorat ne m'avais finalement servi à rien!

C'est la raison  pour laquelle j'ai passé un concours pour accéder à l'université. J'ai été retenue et lorsque je voulais regagner mon poste, le directeur de l'Institut me l'a interdit parce que sois-disant ils avaient encore besoin de moi!

La coopération avec les canadiens touchait à sa fin. Le cyle marchait bien. Une vraie aubaine pour le Maroc puisque plusieurs laureats étaient recrutés dans les mois qui ont suivis la fin des études. Mais ce n'était pas le cas pour tout le monde. Je me demade où es passé l'argent de la coopération!

Le comble c'est que à la fin, ils ont décidé à l'Institut, de fermer le cycle!! En principe, le but de la coopération c'est de permettre à un cycle d'exister, mais ca n'a pas été compris de cette manière. Lorsque la convention de coopération était en cours, il y avait de l'argent pour mettre en place le cycle, quand il n'y en avait plus, le cycle s'est arrêté alors que jusque là il marchait plutot bien...

Je me suis "rabattu" sur le cycle normal. J'aimais bien ce que je faisais malgré tout, mais je commençais à avoir de l'amertume pour cette situation absurde. Mon statut d'administrateur me liait et je ne pouvais même pas m'en défaire ni le changer. Mes collègues techniciens qui ont le niveau licence ou même pas avaient le poste de maitre-assistants ou même de professeurs, ils pouvaient participer au syndicat d'enseignants, alors que moi, en dépit de mon doctorat, j'étais mise hors circuit!! Si ce n'est pas celà l'absurde...

J'ai fini par repasser d'autres concours à l'université où j'étais retenue. Le directeur a fini par accepter de me laisser partir, de toute façon, je ne "servais" plus à grand chose puisque le cycle pour lequel j'ai été recruté, n'est plus!

J'ai enfin regagné l'université après quatres années de combat!

Au Maroc, on crois qu'une université c'est de la brique! L'université où j'ai attérit est toute neuve. La première année, j'ai donné mon cours au son des pelleteuses et des matraques! J'ai commencé au mois d'octobre et ce n'est qu'au mois de janvier que j'ai pu avoir ma démission de l'Institut. Du coup d'octobre jusqu'a janvier je suis considérée comme n'ayant pas travaillé à l'Université. De même, les quatres années de galère ne seront pas comptabilisées dans ma carrière: par exemple le HDR qu'on ne peux passer qu'après quatre années d'enseignement, je ne pourrait le passer maintenant. Je recommance à zéro! Pourtant, logiquement, je pourrais passer le HDR puisque ca fait quatre ans que j'enseigne. Ces quatre années n'ont jamais existé pour l'administration (sauf plus tard pour la retraite! ca me fait une belle jambe!).

En octobre dernier j'ai passé une an à la faculté. Administrativement, je n'y ai passé que huit mois. C'est encore peu pour donner le salaire! Ils attendent certainement que ca fasse un an, à mois que ca ne soit deux ans comme pour l'Institut!!!

Je suis considérée comme étant en période de stage (de deux ans), même si j'ai déjà enseigné ailleurs et dans un cycle supérieur en plus. Si tout ca ets vrai dans la réalité, il ne l'est pas pour l'administration. Pour elle, je suis une novice qui vient de commencer. Re-absurde!

En résumé: je suis depuis un an et trois mois sans salaire. Je suis tout de même censée donner mes cours, faire de la recherche, payer un loyer, acheter les livres, vivre...

Beaucoup de gens au Maroc vivent ce genre de situations. Beaucoup d'amis ont choisi de rentrer pour travailler au pays, aider à construire leur bled, et la première chose que le bled s'empresse de faire, c'est de leur donner un avant gout de l'absurde auquel il devraient vite s'habituer s'ils veulent ne pas perdre ce leur reste de discernement...

Il suffit de voir comment ceux qui sont restés au beld, perçoivent ce problème. Quand je parle à mes collègues qui sont restés de la situation, de la nécessité de bouger pour faire entendre nos voix et nos droits les plus élémentaires, je me confronte à du fatalisme et au pire à du fatalisme. Dans les meilleurs des cas ont conseille de "bouger" seule en untilisant mes connaissances ou en envoyant une lettre...à l'adminitration...

Publié dans lionnedatlas

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yasmiline 30/01/2006 18:16

ma pauvre cherie, deja en france la fac de droit n etait pas la joie alors la c est le ponpon
ca m enerve de penser que c est pour tout le monde pareil, si t es pas issu de la haute, t es rien, meme dans une situation ou tu devrais pretendre a la securite de l emploi, et le salaire de misere
tu sais que  (sans pretention) en restant chez moi a elever mes filles je touche 647 euros...a rien foutre, et un enseignant chercheur au maroc gagne quoi?, 1.5 fois plus seulement, c est lamentable
en tout cas je te souhaite a toi et a tous tes collegues un grand courage et beaucoup de passion car il n y a que ca qui vous fera tenir
biz