Le flop de la réforme universitaire

Publié le par LionnedAtlas

Le journal -Hebdo de cette semaine (n°330) a consacré son article de décryptage à la réforme universitaire au Maroc. L’article est intitulé « Universités. Fiasco de la réforme » pour reprendre un témoignage d’un professeur que j’avais d’ailleurs citée dans ce blog (l’ex Doyen de la Faculté de Meknes, le professeur Larbi Assal).

L’article brosse un tableau général de la situation en se référant à des témoignages de professeurs et d’étudiants.  Il rapporte ainsi les avis divergents autour de la question de la réforme qui vont de « la contestation obligée des uns et l’autosatisfaction aveugle des autres ». Par ailleurs, il remonte aux origines de ladite réforme initiée par le Roi Hassan II suite au rapport alarmant de la Banque mondiale (1995) sur la politique de l’enseignement au Maroc.

L’article critique l’absence d’une évaluation de la réforme alors que les premiers licenciés ont eu leur diplôme en 2006 et se demande si les premières générations post réforme de sont pas des générations sacrifiées.

Ainsi tous les maux de l’enseignement supérieur sont évoqués pêle-mêle ce qui fait de l’article un condensé des problèmes que pose la réforme. Mais, je m’attendais à plus de la part d’un journal comme celui-ci… Je m’attendais par exemple à ce qu’il soit fait état des problèmes concrets que vivent les étudiants. L’article parle de l’absentéisme dû au manque de coordination et au système LMD, mais il oublie de parler de la surcharge des amphis. Il cite l’exemple d’un prof qui a une classe de 20 étudiants alors que la majorité (surtout en sciences humaines et spécialement en Droit où le nombre d’inscrits comme le relève l’article est en augmentation permanente) alors que la réalité est que les classes sont en moyenne d’une moyenne de 600.

L’article oublie, quand il parle de la recherche scientifique à laquelle une plus grande part du budget est consacrée, de souligner l’impossible équation : LMD, surcharge, recherche.

Bref, j’espère que cet article qui a le mérite d’exister et qui donne tout même une vue assez réaliste du problème, puisse suscité des réactions chez les décideurs pour qu’ils aient le courage corriger les travers de la réforme notamment en dotant les universités de moyens plus importants, de véritables bibliothèques, d’ordinateurs qui marchent, etc. 

Et surtout d’avoir le courage de dresser un premier bilan officiel de la réforme. Amen !

Autrement, comme le dit si bien le rédacteur de l’article, « c’est sur les ruines d’une université toujours en chantier que se forgent les extrémismes d’aujourd’hui  et que se nouent les drames de demain ».

 

Publié dans Enseignement de droit

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Carpe Diem 29/12/2007 12:48

Les premières énrations sont toujours sacrifiées ne serait-ce que par leur nature : cobayesde la réforme. Par contre, une bonne chose serait la prie sen charge des soins de santé des étudiants à partir de l'année prochaine à travers le mistère du travail.Bisous et bonne année !!!

dima 28/12/2007 22:44

Naim, donc réforme n'est pas si les moyens nécessaires, à tous les niveaux, ne lui sont pas octroyés. La bonne volonté de l'enseignant ne peut suffire  si déjà celui-ci se plaint de l'absence du minimum requis à savoir des bibliothéques et des ordinateurs. C'est quand meme aberrant qu'on en est encore là. Et ceci sans oublier la situation de l'étudiant lui meme et la surcharge que subit l'enseignant. Combien de générations sacrifiées pour arriver à l'acquis des minimas requis ? Remarque je ne parle que des moyens matériels en omettant  les programmes universitaires proposés ainsi que les disciplines sensées débouchés sur des avenirs professionnels concrets et non pas, pour une partie au moins, sur des sit-in comme ceux que tiennent les diplomés chomeurs. Il y a l'avant, le pendant et l'aprés au point de vue général.Meilleurs voeux.

Naim 28/12/2007 21:35

Salut collègueLa réforme en elle même comporte énormément de points positifs. le problème sont le manque de moyens financiers et logistiques et l'insuffisance des ressources humaines qui sont allouées à cette réforme.Meilleurs voeux.