| Juillet 2009 | ||||||||||
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Hier j’ai eu un moment de solitude en plein cours sur la common law. Les étudiants, qui ont déjà du mal avec le Français, ont refusé de venir au séminaire sur la terminologie du droit anglais. Je les comprends. Mais alors que devrais-je faire de ce cours ? C’est bien cela le droit comparé ? Pour les besoins de mon cours, j’ai dû contacter d’autres prof, pour avoir leur vision de la chose. En général, il s'agit de prof d'universités étrangères. Mais, de manière générale, on ne peut enseigner le droit comparé sans parler de la common law. Ce système juridique est le deuxième au monde après le système romano-germanique applicable au Maroc. Les étudiants ont par ailleurs un autre cours sur la Chariaa. En première année, il est peut être précoce de leur enseigner cette matière (le droit comparé), mais en même temps, je suis convaincue des perspectives qu’elle présente.
Hier, je me suis également aperçue que les étudiants ne connaissent pas encore l’organisation judiciaire du Maroc, alors que cette matière est prévue dans le cours d’intro au droit (transformé à juste titre en cours de droit positif). A quoi ça sert de leur parler de la cours suprême des Etats-Unis s’ils ne savent pas encore le rôle de la notre ?
Que faut-il enseigner ? Un droit lointain inaccessible, souvent aux prof eux-mêmes, ou un droit de proximité enfermé sur lui-même ?
Je ne saurais répondre. Le droit des autres nous
est de toute façon presque interdit. Ca coûte terriblement cher de suivre des cours de common law chez les common lawyers. Et puis pour ce que ça donne, c’est même pas la peine
d’essayer...
Et pourtant…
Le Maroc, partie aux accords de libre échange avec les USA, ouvert à la mondialisation du commerce, aura besoin de juristes pluri-sytémiques. Dans d’autres pays appartenant pourtant au système romano-germanique, on forme des juristes en common law et même en droit chinois, conjoncture oblige…Alors pourquoi pas nous ?
Il est vrai que tous les juristes ne sont pas à la même enseigne. Qui étudie le droit Al Akhawayne n’est pas comme qui l’étudierai à la fac de Dhar El Mahras ou à IBn Zohr… Il y a juriste et juriste, même si tout le monde peut avoir accès à la langue, tout le monde ne peut pas avoir accès au droit fait dans d’autres langues. On n’apprend à la populas que ce qui peut lui permettre de travailler avec le strict minimum…Quels choix ont-ils donc ces étudiants à part devenir avocats, fonctionnaires ou à rigueur juges ?
Il ne faut donc plus s’étonner de la qualité des jugements, ni pérorer sur l’ouverture d’esprit des juges…
« Voici-ce-que-vous-allez-manger » comme dirait l’autre…
Aux lauréats des grandes écoles, les grands cabinets d’avocats, les sociétés multinationales, où ils excelleront en tant que juristes multi-systèmiques, alors que nos étudiants des facultés, trouvent encore aberrant qu’on leur donne des « lectures » à faire en anglais ou même en français…
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