Partager l'article ! L'odeur des livres: Tout le monde est d’accord la dessus, la Fondation n’est plus ce qu’elle était. Avant, on pouvait déambuler tranq ...
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Tout le monde est d’accord la dessus, la Fondation n’est plus ce qu’elle était. Avant, on pouvait déambuler
tranquillement dans les couloirs remplis d’ouvrages, on pouvait feuilleter à loisir revues et bulletins soigneusement classés par date, on pouvait s’enivrer de l’odeur fraîche des derniers
numéros de revues ou des effluves vieillies des bons manuscrit gardées dans la fraîcheur du sous sol... Avant, nous n’étions que quelques uns à partager le plaisir de cette rencontre qui pouvait
durer jusqu’à une heure tardive. Nous faisions nos découvertes dans le silence religieux d’une mosquée entrecoupé par des psalmodies que même les plus athées commençaient à adorer. Si cette
bibliothèque était logée dans l’enceinte d’une mosquée pour inciter les gens à prier, nous prierons tous.
Mais le silence religieux se transforme en vacarme d’écoliers, surpris, autant que nous l’étions au début de tant de savoir disponible. Par ailleurs, l’accès direct aux revues et à certains
ouvrages nous est désormais interdit. Il suffit de voir le front luisant de sueur des chargés de photocopie pour comprendre là où nous sommes rendus. Le rush et l’indisponibilité des ouvrages on
augmenté la demande en copies, sans compter le facteur géographique qui fait que les chercheurs viennent de tout le Maroc pour passer un jour ou deux dans cette Mecque du savoir en sciences
sociales.
L’étudiant marocain a un rapport particulier avec le livre. On a tous connu la petite fenêtre qui nous servait d’accès au peu d’ouvrages des bibliothèques universitaires. On commençait par
chercher la côte du dit ouvrage dans des petit casiers dont les feuilles étaient quasiment illisibles, puis on inscrivait la côte sur un imprimé (quand il était disponible) qu’on tendait à la
bibliothécaire. Pendant longtemps, je n’ai vu de celle-ci que son bras sertit d’un gros bracelet en or. Par contre, je l’ai souvent entendu râler parce que je la fatiguais par mes demandes
incessantes. C’est par ce petit trou qu’on avait accès au savoir. La découverte de la Fondation a été un choc pour beaucoup d’étudiants. Pour ce qui me concerne, j’avais déjà vu les bibliothèques
françaises. Quand on a vu Cujas, Pompidou ou la BNF, on est fière d’avoir la Fondation sur nos terres à nous, mais on reste nostalgique de l’ambiance des bibliothèque d’outre mer.
Revenue sur ces terres, j’ai eu « le malheur » de faire un tour dans quelques temples du savoir. Ca n’a pas changé, c’est « pire ». Sachant que je venais de « loin », la documentaliste s’est
doublement occupée de moi. A la fin, j’avais envie de lui sauter dans les bras. Ca doit être ça le choc des cultures...
Revenue dans ma bibliothèque universitaire rachitique, je mesure davantage le fossé qui nous sépare du monde développé. J’ai toujours honte de faire faire des recherches bibliographiques à mes
étudiants. Si le gouvernement veut bien leur payer des chambres en cité universitaire à Casablanca, ou à la rigueur tripler le montant de leur bourse, je suis d’accord, autrement, ça serait du
sadisme.
Au Maroc, on oublie souvent que le travail de documentaliste est un vrai métier. Je connais des documentalistes qui font du secrétariat et des pistonnés qui occupent le poste de documentalistes.
Il suffit pourtant de mettre la bonne personne au bon poste pour que les choses évoluent. Nous avons une école à Rabat qui forme des documentalistes. Où vont
les lauréats de cette école ? Pourquoi avons-nous des bibliothèques de m. qui contrastent avec les belles bâtisses où elles sont logées ? Qu’attendons nous pour investir dans les bibliothèques
numériques ? Il suffirait que nos universités se mettent en réseau pour partager les frais.
En attendant, on peux toujours consulter les sommaire des grandes revues sur internet, histoire de rester dans le vent!
Mitterand, grand lecteur, amateur et collectionneur de bouquins écrivit :
« Tout livre en vitrine excite mon appétit, un formidable appétit de lettres, de signes, de titres, de typographie plutôt que de lecture, avec une préférence provisoire pour la jaquette rouge et blanche de Julliard et le pincement au cœur que me vaut immanquablement le double filet rouge à l’intérieur du filet noir de ma chère NRF. »
La plupart des amoureux de la lecture, ont un rapport charnel avec les livres. Quelle frustration quand on ne peut pas d'abord regarder, toucher, sentir un livre avant de l'acheter ou de l'emprunter !
@Moul: oui et ils devraient aussi intégrer ce délit dans le code pénal! Je confirme, à ma connaissance il n'y a pas d'abonnement dans les facultés aux revues scientifiques. Seule la Fondation dispose de ce genre d'abonnement. Bien sûr rien n'est fait non plus concernant les revues numérisées. C'est le désert scientifique! On glane nos informations sur internet et grace à la Fondation! Je passe sous silence bien sûr le cas des scientifiques "durs" (les vrais en somme) qui ne disposent pas du matériel nécessaires pour faire leur expérience. Je connais des profs qui "content" l'expérience scientifique aux étudiants, qui leur expliquent certains outils en faisant appel à leur imagination... La recherche et même l'enseignement au Maroc avance grace à la baraka. Le pire c'est qu'on continue tout de même de bâtir de nouvelles fac au lieu de mieux équiper celles qui existent déjà!!!
Tu sais, l'un des rares lieux où je me sens en paix avec moi-même et en totale harmonie c'est la bibliothèque. En France, je me suis régalée quand je travaillais sur mon mémoire. J'allais à Dauphine, Pompidou. Mais celle qui les dépasse de loin c'est la biliothèque de l'INSEAD (située à Fontainebleau). Pour ma spécialité il y a pas mieux. Je restais du matin au soir, je ne voyais pas le temps passé. Et je partais avec regret. On y va pour une recherche et on se retrouve, de fil en aiguille, dans d'autres bouquins, d'autres recherches.
Dommage qu'au Maroc, on accorde pas aux bouquins et aux biliothèques l'intérêt qu'ils méritent.
Bonjour Lionne de l'atlas,
En votre qualité d'eseignante du droit, pouvez-vous m'orienter sur les concepteurs du Dahir des obligations et des contrats du temps du protectorat? quelle est la place de la traduction dans la conception de ce code?
Je vous en serais très très reconnaissante! Je ne réside pas pour le moment au Maroc...
Merci
Pour ce qui est de ta question, j'ai un article qui pourrait t'éclairer sur le sujet si tu en as toujours besoin (encore désolée). Tu n'a qu'à m'envoyer ton email et te l'enverrai. Mon email est: lionne-datlas@hotmail.com
A très bientôt et excellente année malgrès l'ambiance morose!
Merci énormément de ta réponse!
Je viens de t'envoyer un message sur l'adresse envoyée dans ta réponse, mais j'ai des messages automatiques de Mailer delivery...
Je t'envoie le mien : sanabelbachir@yahoo.ca
Très bonne année
Sana