La convocation indiquait 9h00. Une heure normale pour les délibérations. A 11h00, les premiers profs arrivaient. A 9H45, je pris la décision de
quitter les lieux, mais un collègue m’en dissuada. En attendant, nous avons parlé du laxisme régnant, puis nous n’avions plus rien à ajouter.
A 11h 15, il n’y avait plus personne dans la salle des délibérations. Ceux qui venaient d’arriver ont pris la direction de la buvette universitaire pour siroter du café infect. En attendant, nous
avons encore parlé de choses et d’autres, des vacances qui passent trop vite, de la chaleur qui ne donne pas envie de travailler, de la rentrée qui risque d’être compromise par le mois sacré… A
12h nous étions enfin prêts pour délibérer. Certes le compte n’y était pas. Sur une dizaine de profs, il n’y avait que quatre. Un des profs avait des rectifications à apporter. L’administrateur
nous signala qu’on ne pouvait pas délibérer jusqu’à ce que les rectifications soient faites. Il n y’en avait que quatre à faire sur huit cent. Mais on devait tout de même attendre. Je commençait
sérieusement à m’énerver et je décide de prendre le large jusqu’à ce que les quatre notes soient rectifiées. C’était le moment d’aller voir où en sont les choses pour mon dossier à
l’administration. Cela me demanda une demi heure environ. Au retour, il n’y avait plus personne dans la salle des délibérations. L’administrateur m’informa que les profs sont partis manger… «
T’as qu’à revenir demain, que veut tu faire, c’est comme ça en fin d’année… De toute façon c’est l’horaire d’été, on arrête dans une demi heure... ». Le lendemain, je décide d’arriver à 10h pour
leur expliquer combien c’est pénible de faire attendre les gens. Il n’y avait que le prof de la veille qui attendait sagement dans la cour. Les autres sont arrivés vers 10h 30, du progrès par
rapport à la veille. A peine arrivés, ils ressortent pour fumer leurs cigarettes devant la porte de la salle des délibérations. Une fois à l’intérieur, c’est l’administrateur qui se souvient
subitement qu’il n’avait pas encore pris son café. On attend encore durant une trentaine de minutes, on parle des mêmes sujets de la veille… Certains, et pas des plus ponctuels, maugréent… Pour
nous occuper, on tente de s’entendre sur les critères de rachetage. Faut-il tenir compte de l’année de l’inscription seulement ou également de la note ? Faut-il racheter à partir de 9, 8 ou 9, 9
? Rien que ces deux questions suffisent à énerver quelques uns qui n’acceptent pas le seuil fixé par d’autres. C’est au milieu de cette cacophonie que l’administrateur fait son entrée, verre de
noss-noss à la main, démarche nonchalante et sourire en coin. Il sait qu’il est « l’homme de l’heure ». Il nous tient enfin. L’heure des comptes a sonné. Je glisse ostensiblement les feuilles
contenant les lites des notes sous ces yeux. J’avais déjà fait la veille des petites croix devant les noms d’étudiants susceptibles au rachetage, ainsi que devant les matières où ils devaient
l’être. Ce n’était pas sorcier. Mais notre administrateur me montra d’autres feuilles qu’il avait imprimé contenant les mêmes listes mais tenant compte, cette fois-ci, des rectifications
apportées par mon collègue la veille. Il me recommanda de recommencer l’opération. Tout le monde s’atèle à la tache. Cela dura une heure. Finalement on décide de ne racheter que trois étudiants
sur quinze. Il fallait maintenant faire entrer ces changements dans la matrice. L’administrateur nous informa qu’il était l’heure de partir. On n’avait qu’à revenir demain… « non, demain c’est
Samedi, Lundi donc… ». Les étudiants qui attendaient déjà depuis une semaine, ne comprenaient pas pourquoi on ne leur affiche toujours pas leurs notes… Il faisait une chaleur étouffante, et je me
surpris à prononcer la réplique makhzénienne sortis probablement du fin fond de mon inconscient : « revenez Lundi »…
Par LionnedAtlas
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Pr cette année, j'avais su que j'allais réussir de toute façon, je ne suis parti à l'école qu'après 2 jours des libérations, mais pour retirer mon dossier, il m'a fallait 3 jours d'aller/retour pr faire le lèche-botte à un prof! comme quoi tout le monde a levé le camp! b9it ghir ana
Ce n'est qu'une secrétaire qui a supplié le prof pr me signer la dite fiche de sortie! Comme quoi j'ai volé une feuille A4 à l'école ou une rallonge!
Du n'importe quoi!
Un de mes amis, ex professeur d'Universite au Maroc pendant 15 ans, homme de principes, tres serieux, aujourd'hui brillant scientiofique travaillant a l'etranger dans un grand centre me disait que le problme n'est pas uniquement au niveau de la mediocratie administrative, il est aussi a cause des profs mediocres; et d'ajouter les salaires qu'ont certains profs depassent de loin ceux qu'ils doivent recevoir compte tenu de la mediocrite de leur enseignement et du fait qu'ils ne font plus de recherche. Et en plus, ils se plaignent.
Alors Lionne de l'Atlas, bon courage au milieu de la mediocratie et d ela mediocrite de certains profs, de la nullite des etudiants et du manque de moyens, de respect et tout simplement de savoir vivre.
Cordialement
Comment peut-on travailler dans des conditions pareilles.
De mes 16 ans d'étude au Maroc mes pires souvenirs sont associés à mes 4 ans d'études supérieures. Des profs universitaires bosseurs et pros il y en a et j'ai eu le plaisir de les avoir comme profs. Mais les tenants de la mentalité "p'tit chef" y en a aussi et dommage pour les étudiants ils ont le pouvoir pour eux et on ne peut rien contre.
Le sous développement n'est ABSOLUMENT pas une question de moyens financiers c'est tout simplement et avant tout un ETAT D'ESPRIT.
je suis tout a fait d'accord, notre soit disant sous developpement n'est pas une resultante du manque de moyens, c'est surtout un etat d'esprit malsain, celui de la mediocratie de l'administartion et des petits chefs, des pseudo profs qui passent plus de temps a matter les filles sur les terrasses des cafes qu'a faire de la recherche, du corpratisme syndical qui ne propose rien pour sortir de serieux ... l'enseignement de sa crise.
Les profs qui nagent a contre courant partent au Canada, reviennent en France ou tout simplement finissent par se fondre dans le moule ou happe par le systeme et les preoccupations quotidiennes des frais de scolarite des enfants, de la traite de la maison ou de la villa a payer en fin de mois, des problemes de la voiture... En tant que petit bourgeois ayant des aspirations de bourgeois moyens ou riches, ils passent le plus clair de leur temps a surfer entre les contardictions du reel vecu et des aspirations demesurees de la societe de consommation et de leur caste tiree vers le bas par la cherte du cout de la vie.
Amicalement
Je reconnais pas mal de profs universitaires ou pas dans le portrait que tu as dressé.
D'autres corps de métier souffrent des mêmes maux/
@Amadeus: oui je connais ce dont tu parles, j'en ai vu des tas d'étudiants qui viennent supplier les administrateurs de leur délivrer un maudit papier qui ne prend normalement que quelque minutes. C'est notamment la conséquence du manque de personnel je pense. Sans compter que ledits administrateurs sont souvent furieux contre tout (salaire, horaire, charge de travail, etc.), forcément ca se répercute sur tout le monde...
@ Chakazoulou : je n'ai encore ni villa à payer, ni enfants à scolariser, mais ton portrait est très réaliste.
@Une marocaine: oui il y a aussi des profs sérieux, heureusement, mais il est difficile de le rester longemps parce que le système ne l'encourage pas. C'est bien plus reposant d'étendre ses jambes dans les terrasse de cafés au lieu de se terrasser par les blocages en touts genres, sachant que le salaire tombe en chaque fin de moi finalement.
Bonjour, je voudrais vous poser une question elle n'A aucun rapport avc votre article mais je ne savais pas ou la poster. Ma question est est ce que la charia prime sur le droit marocain ou est ce suppletive? Merci d'avance
Ce qui suit est un état dâme et non un commentaire.
Je lutte pour trouver un poste PAA. J'ai eu mon doctorat de droit en FRANCE, je postule souvent en vain!!!, lorsque je réclame mon dossier surtout les théses, on me dit, le prof trouve ta thèse interessante, il la gardée. Alors si ma thèse est interssante pourquoi, on me convoque pas pour au moins un entretien.
Bref, je ne reçois même pas un courrier de regret!!
Et ces profs sans Conscience, qui occupent des postes pas ou moins mérités.
Doit-on rappeler à ces personnes la conscience professionnelle, ces profs forment des générations qui doivent conduire le Maroc vers le dévoppement.
Se contentent-ils de leurs salaires en oubliant qu'ils handicapent l'avenir du pays par leur comportement.
Je m'interroge aussi sur la qualité de leur cours!!
Les profs doivent donner l'exemple .
Je suis sûre qu'ils existent des personnes sérieuses et qualifiées pourvu qu'ils soient pas contaminées par la médiocritie.
Bien à vous,
Je me suis pointé à la fac début septembre: il n' y avait pas un seul chat.
Aujourd'hui, c'est pareil, les couloirs sont toujours vides...
Mais comme je dis : Harira bien qui rira le dernier...
Dis toi que lorsque tu es en face d'eux, tu dois faire comme si tu es face à tes étudiants (sans pour autant en faire trop parce qu'ils y en a qui se vexent!). Tu dois leur faire sentir que tu es faite pour ce métier. Autrement dit, il faut tjrs lier ce que tu as fait dans ta thèse à ta future mission de prof. Ne tombes pas trop justement dans le remake de la soutenance, car ils s'en foutent pas mal (sauf si tu as dans le jury des membres qui travaillent dessus et ont gardé le fil malgré les contraintes...).
Autre chose, méfie toi si tu tombes sur un jury arabisant. Oublies que tu as fais des études en France (eux ils ne risquent pas de l'oublier), dis leur que tu es prête à "changer de logiciel" quite à ce que tu t'arrange par la suite avec tes collègues parce que ca aussi ca veut rien dire (souvent on postule pour un poste qui n'a rien à voir avec ce qu'on fait après!).
Je comprends que tu sois remontée contre tout ca, j'ajouterais juste une chose: choisis ta faculté. La médiocrité se cache hélas dans les petites universités (et là je ne généralise pas bien sûr). Mais tu risque de trouver plus de bons éléments dans des universités bien côtées.
Bon courage surtout!
Too banal: Ah la Harira quand tu nous tiens! M. Khchichen devrait penser aux cours du soir...pour une fois ca sera tout bénéf pour tt le monde!
explique ma demarche humaine
peut tu demander a tous de la regarder afin de comprendre
mon blog
http://michaelconan.over-blog.com/