Qualité et faculté

Publié le par samya

Je crois que je n’ai jamais assisté à autant de querelles que depuis que je travaille à la faculté. Jamais une réunion ne s’est déroulée dans des conditions normales et il a fallu qu’à chaque fois, le ton augmente. Il suffit d’avoir une personnalité « perméable » pour finir par se sentir épuisé de tout cela.

A chaque fois que j’assiste à des réunions, j’ai l’impression d’assister à un combat de bras de fer. Les gens s’épient, vantent leurs nombreux mérites et finissent par se prendre le chignon.

Quant aux choses sérieuses, celles pour lesquelles nous sommes censés œuvrer, à savoir la qualité de l’enseignement, peu s’en soucient vraiment.

Ce constat amère n’est pas perceptible uniquement au niveau du « bas », mais aussi au niveau de la direction.

En consultant les ouvrages sur la pédagogie notamment ceux faits par des marocains, je me rends compte à quel point nous sommes loin des standards en matière d’enseignement. A l’heure où l’on parle de la qualité dans l’enseignement, la pratique patauge encore dans la médiocrité.

Certes, la plupart font de leur mieux pour que les choses avancent, mais le plus souvent cela ressemble plutôt à un avancement dans le sens du « berrah » du souk qui crie à tue-tête « roule ! », en bref, l’essentiel est que ça roule, peu importe comment, ni vers où…

Or, il n’est pas très dur de remédier à tout cela. Il suffit d’appliquer certaines règles bien connues en matière de pédagogie dite de compétences. Pourquoi, l’université n’applique t-elle pas les principes élémentaires de cette pédagogie alors que, justement, celle-ci est faite pour être appliquer en matière d’enseignement ? C’est paradoxale. Pourtant la sonnette d’alarme a déjà été tirée par de grands chercheurs dans ce domaine. Au Maroc le professeur Harouchi aujourd’hui ministre (mais hélas pas de l’enseignement !) a longtemps défendu cette thèse, mais on dirait que cela n’intéresse pas les responsables de « la pédagogie » ! [http://www.lefennec.com/auteur.asp?cid=62]

Parmi les revendications du professeur Harouchi, c’est d’exiger que les professeurs soient aussi bien formés dans leurs domaines de compétences (cela va de soi) que dans le domaine de la pédagogie. Cette idée pourtant simple, n’est pas appliquée. Du coup, ce qu’on appelle le corps professoral est plutôt une chose protéiforme composée le plus souvent d’ « ignorants » qui croient, à tort, qu’il suffit d’avoir un « bagage » pour exercer le métier d’enseignant ! Par conséquent, souvent le cours est transformé en exercice de récitation devant les étudiants qui n’ont plus qu’à tout « gober » pour restituer ces informations le plus fidèlement possible.

Aucune des réunions auxquelles j’ai assisté depuis que je suis à la faculté, n’a eu pour objet « comment enseigner ? ». Cette question représente pour beaucoup une véritable insulte et ce d’autant plus que ceux qui sont censés nous apprendre dans ce domaine, sont des enseignants dans les CPR puisque ce sont les seuls à bénéficier de cet enseignement.

Pourtant, chaque enseignant un tantinet honnête doit certainement se poser secrètement cette question. C’est le fait de la sortir au grand jour qui pose problème. Ce mutisme sur une question pourtant vitale s’explique par plusieurs facteurs. C’est sur ces facteurs qu’il faut donc « travailler » pour résoudre le problème. Mais la question qui se pose c’est qui doit le faire ?

Je pense que la nécessité d’avoir une compétence en matière de sciences pédagogiques devrait d’abord concerner les doyens de facultés. Le professeur Harouchi nous en livre un exemple dans son ouvrage. Son expérience en tant que doyen au sein de la faculté de médecine de Casablanca a donné ses fruits et a fait tâche d’huile dans d’autres facultés.

Pourquoi ne pas continuer cette expérience ? A quoi sert le ministère de l’enseignement supérieur si ce n’est à cela ? Cela dépend bien sûr de l’avenir que l’ont souhaite réellement à l’enseignement supérieur dans notre pays. Il ne suffit pas de calquer des formules venues d’ailleurs. Le LMD c’est bien, mais une réforme en profondeur est bien meilleure. Cela passe par LA PEDAGOGI DES COMPETENCES. C’est un processus qui permettra à nos facultés de participer effectivement dans le développement du pays. Pour ce faire, il suffit de voir comment les choses marchent tout près de nous, dans les écoles et institut privés, où là on ne lésine pas en matière de qualité…

 

 NB: Voci l'interview donnée par le profeseur Harouchi sur http://www.pedagogie-medicale.org/Vol3.1_rencontre.pdf

 

Publié dans Enseignement de droit

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lionnedatlas 28/03/2006 18:00

Merci pour ton com!
Oui j'aimerais bien recueillir l'avis des autres à ce sujet et surtout chercher des solutions adaptées. La pédagogie est une science dont on doit tenir compte non seulement pour enseigner les enfants, mais aussi pour enseigner les adultes. Ce sont les méthodes qui changent c'est tout. Je pense que la France est bien plus avancée que le Maroc dans ce domaine surtout pour ce qui concerne la pédagogie dans l'enseignement primaire. J'ai visité des sites français et je peux vous assurer que c'est loin d'être le cas ici malheureusement. Actuellement, nous faisons les premiers pas de l'informatisation des écoles. Nous sommes encore loin du compte!
 

yasmiline 23/03/2006 09:51

bonjour ma chere
tu devrais tenter de creer un lien ers un blog d un enseinant francais qui pourrait faire des comparaisons
en fait en te lisant, j ai l impression qu il en est de meme en france, beaucoup de prof disent qu ils n ont pas la methode pour enseigner et ce d es la maternelle puisque, ma fille allant a l ecole depuis peu, j ai eu l occasion de discuter avec l instit qui me disait qu a IUFM ils n apprennent pas a gerer les enfants, ce qui fait oartie de la pedagogie, a mon avis donc meme s ils ont des methodes theoriques sur la maniere d enseigner, ils ont du mal a l appliquer
je pense que pour la fac c est encore pire car les prof ne passent pas par une "ecole de prof", d ou le probleme qui se pose s en doute partout et pas qu au maroc..
biz