Quel mémoire?

Publié le par LionnedAtlas

Chaque année, le même problème se pose dans les facultés de droit (et je présume dans plusieurs autres facultés) : les mémoires de fin d’étude. Chaque année certains « professeurs » entament le combat pour le droit (si j’ose dire) pour savoir qui va encadrer qui, qui aura le plus grand nombre de mémoires à encadrer, etc. Je ne sais si c’est un fait spécifique à la faculté où je suis, mais ce qui me chagrine le plus ce n’est pas tant ce combat ridicule que les sujets même de ces mémoires. Chaque année, on enfonce les étudiants dans la médiocrité en acceptant des « mémoires » où aucun effort intellectuel n’est encouragé, si ce n’est celui de copier ce que les autres ont déjà fait et aussi s’ingénier dans la présentation du fameux mémoire. Parce que la créativité des étudiants est bien là : il y a ceux qui suggèrent des présentation power point et ceux qui font de jolis dessins sur leur document…Mais dans le fond, c’est toujours la même symphonie qui revient : des sujets plats, arides, répétitifs, bref, la créativité est ailleurs…Rien que le titre vous donne envie de vous endormir…ouvrir le document fini par vous asséner le coup de grâce…
La faute de tout ça n’est pas exclusivement celle des étudiants. Les enseignants, le système des études et même l’administration ont un grand rôle à jouer là-dedans.
Les étudiants ne sont pas encouragés à créer, ni même à s’exprimer : j’ai vu des prof qui demandent à leur étudiants de se taire (scout !). C’est grave surtout quand il s’agit d’un prof de droit !
Par ailleurs, même si les profs font des efforts, il reste que la créativité demande un minimum de moyens, comment demander à un peintre de créer si on ne lui fourni ni pinceaux, ni peinture ? Face à leur bibliothèque rachitique, face aux comportements souvent impolis des responsables de ses bibliothèque (l’autre jour, j’ai surpris le chargé de la bibliothèque en train d’insulter l’Etat, la faculté, les étudiants, et tout ce qui bouge parce qu’il était submergé par la masse des étudiants venus réclamer des livres !!), les étudiants et les profs, finissent par tout laisser tomber…
 
Retour à la case de départ, à la monotonie « scientifique », au plagiat…tout ce qui compte c’est le diplôme, pour pouvoir accéder au monde du travail, même si on est pas du tout outillé pour cette tache. On fera mieux plus tard !
Pour les profs, le manque de créativité de leurs étudiants les réconforte dans leur idée de départ (les étudiants sont nuls, le niveau a baissé, etc.) et les enfonce chaque année un peu plus dans la léthargie et le fatalisme…
Pour les plus courageux, ils se disent qu’ainsi ils sont tranquilles pour faire leurs propres recherches sans se casser la tête avec des étudiants qui n’en valent pas la peine…
Vive la recherche scientifique au Maroc !

Publié dans Enseignement de droit

Commenter cet article

nietzsche_junior 23/02/2007 16:00

oui je le sous entend .. mai sj en exclue pas que la france sous une monarchie absolu a su faire naitre des esprits "démocrate" et que chaque pays écolue en fonction de ses capacité qui malheureusement pour les pays Africain on été largement amputé par le colonialisme de pays dit démocrate et d eentreprise vénérant le mode libéral en confondant personne moral et  personne en chair et en os , ... c est cette marge qui me trouble .. dans le droit je sous entend l autonomie de parole .le droit de pouvoir s exprimer de faocn libre et d explorer toute les facette de ce que peut sous entendre le mot Droit .... peut on enseigner a des eleve que la démocratie est plus humaine que la monarchie .. qu il vaut mieux un citoyen qu un sujet ?  et franchement dsl du retard

nietzsche_junior 26/01/2007 19:41

peut enseigner le droit sous une monarchie Absolue ? ....

LionnedAtlas 10/02/2007 14:45

Bonsoir, et désolée pour le retard! Si tu veux insinuer que le Maroc en est une, alors je dirais que oui on peux enseigner le droit sous une monarchie absolue pour démontrer qu'elle n'en est pas une, en théorie. Mais en général, je crois que les facultés de droit ont toujours existé sous tous types de régimes. C'est la marge de liberté dans l'enseignement qui diffère.

hmida 18/01/2007 19:25

Juste un témoignage :
Je ne suis pas prof mais j'ai eu l'occasion d'accompagner une étudiante un droit dans la rédaction de son mémoire de licence, étant doné que son prof encadrant ne se présentait pratiquement jamais à leurs nombreux  rendez-vous.
Je crois avoir donné à cette étudiante les conseils jusdicieux que j'avais reçus du temps où j'étais moi-même étudiant : plan en deux parties équilibrées, introduction bien structurée avec entame - définition du sujet - délilimatin du sujet - historique - problématique et annonce du plan...Puis recherche de la documentation....son explotation....rédaction du corps du mémoire et en dernier lieu rédaction de l'introduction .
Un mois avant la remise de son mémoire, cette jeune étudiante s'est vue refusé son travail par le professeur qui l'a négligée durant toute l'année universitaire......
Cette étudiante a été reçu à son examen de licence ; son mémoire repris à la dernière minute est d'une indigence monumentale; complètement destructuré....Et noté 15/20 par le professeur!
Cette étudiante prépare actullement un master en droit des affaires!
Choukran, ya oustadouna al kabir!

lionnedatlas 17/12/2006 21:57

Bonsoir,
Merci pour ton com. Je ne nie pas qu'il y ait des mémoires où il y a un véritable effort de  recherche et de création surtout les mémoires de l'ENAP. Je me rappelle en avoir lu quelques uns très interessants également. Mais lENAP ce n'est pas la fac bien que même dans les facultés il puisses y avoir certainement quelques cas qui sortent du lot.
 En fait, ce n'est pas tant le sujet que je trouve insipide que la manière de le traiter. De même, les mémoires versent toujours dans les mêmes sujets. Donc ce qui me dérange c'est l'aspect descriptif des mémoires qui sont souvent des reprises d'autres ouvrages ou thèses, mais également le choix de sujets classiques où les ouvrages sont justement disponibles. Question encadrement, je dois avouer que je suis bien moins "côtée" que certains collègues pour les raisons même que j'ai évoquées dans ma note...Néanmoins j'ai parcouru quelques mémoires qui traitent de sujets classiques comme: les moyens de preuves en droit marocain, le code de la famille, la politique chez platon, bref, des sujets bateaux, des titres d'ouvrages ni plus ni moins, hélas!

Ibn Kafka 17/12/2006 21:24

Intéressant - mais pourrais-tu donner des détails sur ces sujets de mémoire si arides et inintéressants - tiens, j'ai bien envie de te demander le sujet des cinq mémoires les plus insipides que tu aies lu...
Pour ma part, moi qui n'ai jamais rien enseigné, il m'est arrivé de dénicher des mémoires intéressants - je pense à un mémoire, il me semble que c'était de l'ENAP, et qui portait sur la condition juridique des Marocains en Algérie - le mémoire datait de 1980, soit après les expulsions massives de Marocains décidées par Boumedienne. Non seulement ce mémoire contenait une série d'informations juridiques méconnues, basées notamment sur des circulaires non publiées, mais il contenait également des informations historiques et sociologiques de premier ordre - et il ne s'agissait même pas d'une thèse. Donc, il y a de rares exceptions tout de même (je pense également à un mémoire de DES sur le Makhzen politique, de Rachida Chérifi je crois, qui parut chez Afrique-Orient en 1988/89, et qui était d'une grande qualité).