L'enfant endormi

Publié le par LionnedAtlas

 

 

 

A chaque fois que j’atteins la partie du cours qui traite des droits subjectifs, je retrouve la même réaction sur les visages de mes étudiants : l’incrédulité. Moi-même je regrette de ne pas pouvoir percer davantage ce mystère, (l’est-il vraiment ?) du droit musulman.

Même avec la modification de la Moudawana , le droit marocain ne reconnaît toujours pas le droit à l’adoption. Autrement dit, seul l’enfant légitime est reconnu, a le droit de porter le nom des ses parents, de bénéficier de l’héritage, etc. Si les parents veulent absolument avoir un enfant qui n’est pas le fruit de leurs entrailles, ils n’ont qu’à recourir à la kafala qui n’apporte que peu de garanties à cet enfant puisqu’il garde son nom d’origine et ne peut aucunement bénéficier ni du nom de ses parents, ni de l’héritage…

L’adoption est ainsi un des domaines sacrés du droit musulman. Mais celui-ci tient tout de même compte de la situation des enfants orphelins et leur réserve un traitement tout particulier…Il est en effet très intéressant de noter que dans le rite hanéfite, pour pallier à l’impossibilité d’adoption, on rattache l’enfant au dernier mari de la femme même si celui-ci est mort ou a divorcé (de cette même femme) depuis cinq ans !   Ainsi, l’enfant gardera le nom de son « présumé » père et pourra aussi bénéficier de l’héritage…

A chaque fois, mes étudiants trouvent cela hallucinant et je les comprends, ils me posent alors un tas de questions auxquelles seul un savant religieux pourrait répondre sans sourciller. Moi je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse tolérer (au sein d’une religion) la liberté sexuelle pour ne pas toucher à l’interdiction d’adoption …Mais heureusement pour nous, nous ne suivons pas le système hanéfite et puis notre droit musulman a subit quelque modifications dictées par les avancés de la science. Il n’empêche que la théorie existe belle et bien et a au moins l’avantage de faire méditer ceux qui croient que la religion musulmane est inhumaine. En même temps, il est inconcevable qu’à notre époque, il soit encore interdit d’adopter des enfants qui ont en tellement besoin.  

Publié dans Enseignement de droit

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Mohamed Boufous 06/05/2009 14:22

J'ai visité votre blog et j'ai trouvé les informations intéressantes pour les étudiants en droit marocain. Je vous invite à visiter mon site web et vous autorise à copier les études et recherches mises à la disposition des internautes,gratuitement, pour la diffusion du droit marocain.

luul balestra 15/03/2009 16:24

salut a tous. je souis une etudiante de antropologie italienne (pour ça, excusez-moi pour les erreurs en français), très interesèe à la tematique de l'enfant endormi, du point de vue historique-juridique, comme du point de vue antropologique, donc eventuels relations avec representations du corp feminin e de la gestation. serait donc magnifique si quelqun de vouz peurrait me aider avec references bibliografiques ou autres indications. merci beaucoup a tous! Luul (luulg@hotmail.it)

Ibn Kafka 13/02/2007 20:58

La théorie de l'enfant endormi mériterait une thèse de sociologie juridique! Mais si elle n'a pas de fondement scientifique elle apporte un appaisement social évident et très pragmatique - combien de crimes passionnels n'ont ils pas été évités de la sorte?
Pour l'adoption, c'est effectivement plus délicat vu l'interdit absolu. Il faudrait un livre de droit musulman comparé, toutes écoles juridiques confondues, afin de trouver des solutions pragmatiques.