Les petits dictateurs (partie 1)

Publié le par LionnedAtlas

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Non ceci n’a rien à voir avec la révolution arabe…Quoique, une révolution universitaire, à défaut d’une réforme efficace, s’impose.

L’expression phare de la réforme universitaire dont tout le monde se gargarise est « dynamiser les structures », à chaque réunion, à chaque conversation, à chaque pause café, à chaque meeting syndical, ces mots sont scandés, plébiscités, magnifiés…  « Tafiil al haikil ». Dis sur un ton indigné, susurrés ou balancés, en plein milieu d’autres mots, comme s’il fallait absolument les sortir, ces mots, comme s’il fallait les exorciser, les répéter pour mieux les ancrer dans les cerveaux des autres, ceux qui ne savent pas que c’est très important de dynamiser les structures, voyons, mais c’est ca la réforme, la philosophie de la réforme, vous ne saviez pas ? Mais il faut vous y mettre mon vieux, la réforme ca n’attend pas, c’est maintenant ou jamais. On va encore rater une station là ! « mahata tarikhiya » en plus ! Alors, dynamisez les structures !

En fait, les structures ce sont tout simplement les départements (conseil, chef) et les filières (coordonateur, responsables de modules, etc), le conseil de la faculté (et de l’université)  et les commissions (pédagogiques, scientifiques, etc.)…

L’idée de base est plutôt louable : donner aux enseignants la possibilité de se gérer eux même, une sorte de séparation des pouvoirs en fait. Sauf que en désignant des collègues pour faire le travail, du genre signer la fameuse autorisation de quitter le territoire, signer une demande de mutation, signer un bon pour une rame de papier, une cartouche d’encre, etc, il suffit de tomber sur un teigneux, paresseux, navetiste (les profs qui font la navette, ils sont légion, ce n’est pas grave en soi, sauf s’ils insistent pour avoir des poste de responsabilité du genre chef de département ou coordonateur de filière et qu’il faut attendre les jours où ils sont là pour une misérable signature…) , ou tout simplement sur quelqu’un de l’autre clan (parce qu’il y a des clans à la faculté !), il suffit donc que le chef soit absent, mal luné, occupé, rancunier, pour que vos projets soient remis à une date ultérieure…Le pire ce sont les reports de cours, les autorisation d’absence où il faut absolument avoir l’accord du chef, quand celui-ci est absent, il faut avoir son accord…par téléphone, et là, l’administrateur de service, peut vous pourrir l’existence, car, avant qu’il y ait « activation des structures » c’était l’administration qui s’occupait de tout ca  « et maintenant qu’on vous a donné le pouvoir de vous gérer vous voyez ce que vous en faite ?». L’administrateur bombe donc le torse et vous balance qu’il ne peut vraiment rien faire pour vous car « c’est ainsi « taffiil al haikil »,  ce n’est pas vous qui l’avez demandé ca ? Moi je ne fait qu’appliquer la loi ! ». Ah le fameux « appliquer la loi », utilisé à si bon escient, ca vous met tout de suite KO ! Car que répondre devant ça ?  Quelque part, il n’a pas tort le bougre, mais vous sentez bien qu’à l’arrière plan il y a une montagne de mauvaise foi qui ne dit pas son nom…Alors, c’est là que commence le bal des appels téléphoniques, la voix qui monte, qui sermonne, qui devient à la foi mielleuse et réprobatrice, « ach had chi a si flane ? «  tu as laissé la prof « meskina » sans nouvelle ?! « Je lui ait bien dit qu’il fallait que tu sois là pour qu’elle puisse reporter son cours, c’est toi le chef et je ne peux rien faire sans ton accord »…Bien flatter pour se faire bien voir, c’est tout le même le chef, le complexe makhzénien peut ressurgir là on ne s’y attend pas… Ces gens là, ils jouent une vielle pièce avec de nouveaux costumes, un nouveau décor, en façade, tout est neuf, mais les gens s’oublient, ils sont chefs alors, ils font les chefs…

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