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Enseignement de droit

Mardi 29 avril 2008

Hier j’ai eu un moment de solitude en plein cours sur la common law. Les étudiants, qui ont déjà du mal avec le Français, ont refusé de venir au séminaire sur la terminologie du droit anglais. Je les comprends. Mais alors que devrais-je faire de ce cours ? C’est bien cela le droit comparé ? Pour les besoins de mon cours, j’ai dû contacter d’autres prof, pour avoir leur vision de la chose. En général, il s'agit de prof d'universités étrangères. Mais, de manière générale, on ne peut enseigner le droit comparé sans parler de la common law. Ce système juridique est le deuxième au monde après le système romano-germanique applicable au Maroc. Les étudiants ont par ailleurs un autre cours sur la Chariaa. En première année, il est peut être précoce de leur enseigner cette matière (le droit comparé), mais en même temps, je suis convaincue des perspectives qu’elle présente.

Hier, je me suis également aperçue que les étudiants ne connaissent pas encore l’organisation judiciaire du Maroc, alors que cette matière est prévue dans le cours d’intro au droit (transformé à juste titre en cours de droit positif). A quoi ça sert de leur parler de la cours suprême des Etats-Unis s’ils ne savent pas encore le rôle de la notre ?

Que faut-il enseigner ? Un droit lointain inaccessible, souvent aux prof eux-mêmes, ou un droit de proximité enfermé sur lui-même ?

Je ne saurais répondre. Le droit des autres nous est de toute façon presque interdit. Ca coûte terriblement cher de suivre des cours de common law chez les common lawyers. Et puis pour ce que ça donne, c’est même pas la peine d’essayer...
Et pourtant…

Le Maroc, partie aux accords de libre échange avec les USA, ouvert à la mondialisation du commerce, aura besoin de juristes pluri-sytémiques. Dans d’autres pays appartenant pourtant au système romano-germanique, on forme des juristes en common law et même en droit chinois, conjoncture oblige…Alors pourquoi pas nous ?

Il est vrai que tous les juristes ne sont pas à la même enseigne. Qui étudie le droit Al Akhawayne n’est pas comme qui l’étudierai à la fac de Dhar El Mahras ou à IBn Zohr… Il y a juriste et juriste, même si tout le monde peut avoir accès à la langue, tout le monde ne peut pas avoir accès au droit fait dans d’autres langues. On n’apprend à la populas que ce qui peut lui permettre de travailler avec le strict minimum…Quels choix ont-ils donc ces étudiants à part devenir avocats, fonctionnaires ou à rigueur juges ?

Il ne faut donc plus s’étonner de la qualité des jugements, ni pérorer sur l’ouverture d’esprit des juges…

« Voici-ce-que-vous-allez-manger » comme dirait l’autre…

Aux lauréats des grandes écoles, les grands cabinets d’avocats, les sociétés multinationales, où ils excelleront en tant que juristes multi-systèmiques, alors que nos étudiants des facultés, trouvent encore aberrant qu’on leur donne des « lectures » à faire en anglais ou même en français…

Par LionnedAtlas
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Vendredi 28 décembre 2007

Le journal -Hebdo de cette semaine (n°330) a consacré son article de décryptage à la réforme universitaire au Maroc. L’article est intitulé « Universités. Fiasco de la réforme » pour reprendre un témoignage d’un professeur que j’avais d’ailleurs citée dans ce blog (l’ex Doyen de la Faculté de Meknes, le professeur Larbi Assal).

L’article brosse un tableau général de la situation en se référant à des témoignages de professeurs et d’étudiants.  Il rapporte ainsi les avis divergents autour de la question de la réforme qui vont de « la contestation obligée des uns et l’autosatisfaction aveugle des autres ». Par ailleurs, il remonte aux origines de ladite réforme initiée par le Roi Hassan II suite au rapport alarmant de la Banque mondiale (1995) sur la politique de l’enseignement au Maroc.

L’article critique l’absence d’une évaluation de la réforme alors que les premiers licenciés ont eu leur diplôme en 2006 et se demande si les premières générations post réforme de sont pas des générations sacrifiées.

Ainsi tous les maux de l’enseignement supérieur sont évoqués pêle-mêle ce qui fait de l’article un condensé des problèmes que pose la réforme. Mais, je m’attendais à plus de la part d’un journal comme celui-ci… Je m’attendais par exemple à ce qu’il soit fait état des problèmes concrets que vivent les étudiants. L’article parle de l’absentéisme dû au manque de coordination et au système LMD, mais il oublie de parler de la surcharge des amphis. Il cite l’exemple d’un prof qui a une classe de 20 étudiants alors que la majorité (surtout en sciences humaines et spécialement en Droit où le nombre d’inscrits comme le relève l’article est en augmentation permanente) alors que la réalité est que les classes sont en moyenne d’une moyenne de 600.

L’article oublie, quand il parle de la recherche scientifique à laquelle une plus grande part du budget est consacrée, de souligner l’impossible équation : LMD, surcharge, recherche.

Bref, j’espère que cet article qui a le mérite d’exister et qui donne tout même une vue assez réaliste du problème, puisse suscité des réactions chez les décideurs pour qu’ils aient le courage corriger les travers de la réforme notamment en dotant les universités de moyens plus importants, de véritables bibliothèques, d’ordinateurs qui marchent, etc. 

Et surtout d’avoir le courage de dresser un premier bilan officiel de la réforme. Amen !

Autrement, comme le dit si bien le rédacteur de l’article, « c’est sur les ruines d’une université toujours en chantier que se forgent les extrémismes d’aujourd’hui  et que se nouent les drames de demain ».

 

Par LionnedAtlas
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Dimanche 9 décembre 2007
Chaque année des appareils d’enregistrement s’entassent ostensiblement sur mon bureau lors des cours. Beaucoup d’étudiants ne me demandent même pas l’autorisation de les étaler devant moi, ils se contentent juste dans un geste tout à fait naturel de les poser de préférence lorsque je suis en pleine explication du cours. Je me contente souvent de regarder ces Engins Miniatures Non Identifiés (ci après EMNI) d’un air perplexe tout en continuant le cours en me disant que je réfléchirais à la question plus tard…Mais « plus tard » c’est le cours suivant durant lequel je réagit exactement de la même manière…
 
Il vrai qu’il m’est arrivé aussi de demander l’autorisation d’enregistrer une conférence lors de certains séminaires et parfois on déclinait gentiment ma requête. Mais que dire à des étudiants qui ne cherchent, en principe, qu’à renforcer leurs savoirs en ayant le moyen de réécouter le cours ? Le procédé est en soi pratique mais que vaudraient les cours magistraux si tous les étudiants se contentaient de les enregistrer ? Pourquoi se fatiguer à venir en cours tous les matins si on peut écouter la conférence tranquillement chez soi ?
Et puis, j’avoue qu’il m’est arrivé, en découvrant en pleine explication, l’armada de ces EMNI, de perdre le fil de mes pensés parce que l’idée que certains étudiants puissent m’écouter dans un café m’est totalement désagréable…
Un cours est cours : souvent j’y fais appel à l’imagination des étudiants, à leurs connaissances, à leurs expériences, il m’arrive aussi de leur parler de moi, il m’arrive aussi de commettre des erreurs, de m’énerver lorsque je n’arrive pas à établir le silence (et Dieu sait que ça arrive très souvent !)…Quand je pense que TOUT cela est enregistré, j’ai l’impression qu’on m’espionne à travers ces engins que je ne connais même pas : il y a des Ipod et autres Usb, mais pourquoi diable sont-ils nombreux ? Souvent mon bureau ressemble à un parterre d’un marchand de Derb Ghellef et juste quand j’ai envie de dire cela à mes étudiants, je me rends compte que je suis enregistrée ! C’est comme dans « attention vous êtes filmé ! », difficile de garder sa spontanéité surtout quand on n’est même pas certain de la bonne intention des étudiants. Peut-être veulent t-il juste montrer la preuve vivante à leur parents des conneries que débite leur prof ?
Bref, ne tombons pas dans la paranoïa. Sous d’autres cieux, la question des enregistrement audio (heureusement pas vidéo ! à moins que ces engins non identifiés n’enregistrent aussi l’image ?!) soulève des questions plus pragmatiques que mes tribulations narcissiques.
 
En effet, en France par exemple, les enregistrements audio des conférences préoccupent les enseignants mais du point de vue des droits (copy rights) que les « enregistreurs » devraient payer aux profs pour ce service supplémentaire.
La question fut notamment réglée par un arrêt du conseil d’Etat relatif aux droits d’auteurs des fonctionnaires de service public y compris les professeurs arrêt OFRATEME (21 novembre 1972) http://www.educnet.education.fr/legamedia/fiches/fonctionnaires.htm ainsi que par les articles L 131-3-1 alinéa 2 et L 111-1 alinéa 3 du code de la propriété intellectuelle français. http://www.celog.fr/cpi/lv1_tt1.htm#c1. Il en résulte que si en principe les fonctionnaires jouissent de droits sur leurs œuvres (art. L 111-1), ces droits sont en revanche cédés de plein droit à l’Etat pour ce qui est strictement nécessaire à l’accomplissement d’une mission de service public (art. L 131-3-1 alinéa 2). Néanmoins, ce même article apporte une restriction complémentaire : « Cette disposition n'est pas applicable dans le cas d'activités de recherche scientifique d'un établissement public à caractère scientifique et technologique ou d'un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel, lorsque ces activités font l'objet d'un contrat avec une personne morale de droit privé ». En ce sens la nouvelle loi de 2006 française ne fait que confirmer une jurisprudence existante. En effet,   dans l’affaire l'affaire Roland Barthes (1992), le Tribunal de Grande Instance de Paris a estimé que "les attributions de Roland Barthes au Collège de France ne l'obligeaient qu'à dispenser un enseignement à l'intention de l'auditoire présent dans l'établissement", et que la reproduction par écrit de son cours est donc étrangère à l'exécution du service public l'éducation auquel il participait.
Au Maroc, le Dahir n° 1-00-20 du 15 février 2000 portant
promulgation de la loi n° 2-00 relative aux droits d’auteur et droits voisins range parmi les œuvres à protéger a) les œuvres écrites et  c) les conférences, allocutions, sermons et autres oeuvres faites de mots ou exprimées oralement (article 3). Néanmoins, dans la liste des œuvres (art. 54) ne nécessitant pas d’autorisation préalable figure :
c) La reproduction dans le cadre d’activités d’enseignement, sauf lorsque les interprétations ou exécutions ou les phonogrammes ont été publiés comme matériel destiné à l’enseignement.
Il en ressort que le droit marocain ne considère pas que le cours soit la propriété de l’établissement universitaire comme c’est le cas en France.
Par ailleurs, seules sont protégées les œuvres originales (art. 3). Ce critère pourtant essentiel pour appliquer la loi, n’est pas explicité par le législateur laissant ainsi un large pouvoir d’appréciation au juge comme c’est le cas en droit français.
En effet, dans ce pays on distingue l’œuvre protégeable (parce que figurant sur une liste (Art. L.112-2 du code de la propriété intellectuelle Code de la Propriété Intellectuelle (Livre I) (quasiment similaire à celle fixée par notre article 3), de l’oeuvre protégée pour laquelle on exige le critère d’originalité. Critère qui octroi un large pouvoir d’appréciation au juge. Un exemple amusant en est donné par un arrêt de la cour d’appel qui précise que : "le cours oral d'un enseignant peut, au même titre qu'une conférence, une allocution, un sermon ou une plaidoirie, être considéré comme une oeuvre de l'esprit, dès lors qu'il répond au critère d'originalité". Cependant, dans le même arrêt les juges se donnent à un exercice complexe pour se prononcer sur l’originalité : "si sa compétence dans la transmission du savoir, alliée à sa personnalité charismatique, empreinte d'une autorité bienveillante, transparaît dans l'organisation de son enseignement, la composition et l'enchaînement de ces cours ne mettent en oeuvre aucune méthode pédagogique originale mais répondent à l'objectif impératif de s'adapter aux trois groupes d'élèves de niveaux différents regroupés dans cette classe unique"
A titre d’exemple, l’originalité d’un logiciel (susceptible d’ailleurs d’être utilisé en cours) est quant à elle définie comme "la marque d'un apport intellectuel", c'est-à-dire un effort personnalisé dépassant la logique automatique et contraignante. (Babolat Maillot Witt / Pachot, C.Cass., Assemblée plénière, 7 mars 1986, Expertises n° 82.

Néanmoins, la jurisprudence française établit une nuance entre l’œuvre en elle –même et l’œuvre insérée dans un document audio visuelle (dans le cas d’espèce, il s’agissait d’un cours oral filmé dont l’auteur, un instituteur, réclamait des droits d’auteurs à la société productrice du documentaire). http://www.p-s.fr/index.php?2006/08/01/1-de-la-cour-d-ecole-a-la-cour-d-appel
 
Je ne sais pas comment les juges marocains vont s’en sortir face au critère d’originalité. Je leur souhaite bien du courage parce que vraiment je ne vois pas comment un cours dispensé par le biais d’un misérable tableau noir et un bout de craie puisse prétendre à l’originalité, à moins de faire dans le kitch... Vue sous cet angle, tous les cours de l’enseignement marocain ont la garantie d’originalité. Donc ne cherchez plus Mesdames et Messieurs les juges, votre tâche sera plus aisée que ces élucubration des juges d’outre Méditerranée qui se cassent la tête pour rien.
De toute façon, si eux protègent leurs droits d’auteurs de cette manière c’est qu’ils ont quelque chose à protéger. Les chercheurs chez nous, et chez nos voisins d’en bas, savent ô combien il est douloureux de tomber sur une base de données qui refuse de se dévoiler, ou sur un sommaire alléchant d’une revue étrangère qui vous nargue ostensiblement sur internet sans que vous puissiez en connaître que les titres.
Nous au moins, on admet que les œuvres destinées à la recherche ne nécessitent pas d’autorisation (article 54, al. b) mais c’est certainement parce que nous n’avons pas d’aussi belles bases de données que ceux qui verrouillent tout par les copyright. 
Quant aux cours oraux, un jour peut être les cours aussi seront une marchandise qui se vent à 10 dirham le CD sur le marché de Derb Ghellef encore faut-il qu’ils en valent le coup…
Par LionnedAtlas
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Lundi 4 juin 2007

 

Rien n’est encore sûr, mais certains juristes marocains parlent d’importer le model des class action américains au Maroc. Le problème a été soulevé à l’occasion du problème des chauffeaux responsables de la mort de plusieurs personnes au Maroc (c'est bizarre, je n'ai trouvé aucun article "francophone" parlant de ce problème!).

Pour illustrer la class action américaine à mes étudiants, je fais souvent référence au film américain « Erin brockovich » (merci Julia  !).
La class action est une procédure propre aux USA en vertu de laquelle une personne plaide pour le compte d’autrui lorsqu’il s’agit d’un dommage collectif comme c’est souvent le cas en matière de droit de la consommation.
 Son introduction en France a déjà soulevé et soulève en core d'âpres discussions notamment suite au discours du président Chirac qui l'encourage.
Mais peut-on vraiment adopter la class action au Maroc?
Les spécificités de notre droit de procédure civile n'encouragent pas une telle greffe. Et comme celui-ci est calqué sur le droit français, je me contente de vous renvoyer ici aux études déjàs faites sur le sujet y compris le billet satirique de maitre Eolas "Faut-il une Class Action en France ?" http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/07/14/401-faut-il-une-class-action-en-france?
et aussi le site français consacrée à l'"action collective" (traduction de la class action) http://www.classaction.fr
 
Par LionnedAtlas
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Mardi 20 mars 2007

Etudier le droit marocain sans passer par la case « droit romain » me semble inadéquat vu les liens viscéraux qui existent entre ces deux matières. Notre Dahir des Obligations et des Contrats (DOC) n’est qu’une pâle copie du Code civile français lui-même d’inspiration romaine. Pour les civilistes donc (et les privatistes de manière générale), le droit romain est un passage obligé. Mais là où les choses se corsent c’est quand on doit parler « romain »…(mais ça c’est une autre histoire)…

 

Etudier l’histoire du droit est révélateur. Selon l’école historique du droit, notre droit ne serait pas du vrai droit parce qu’il n’émane pas de l’Histoire, parce qu’il est le fruit de l’imitation.

 

C’est d’ailleurs ce qui explique son ineffectivité.

 

Faut-il retourner au droit coutumier et échanger le parlement par les anciennes Jemma (assemblées au sein des tribus) comme dans le temps  et comme certains juristes le suggèrent ? Est-ce trop tard pour faire marche arrière ? Devrions nous faire avec ce qu’on a et tenter de combler les fissures ? Et si ce retour incitait à d’autres retours beaucoup plus radicaux ?

 

Par LionnedAtlas
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Mardi 13 février 2007

 

 

 

A chaque fois que j’atteins la partie du cours qui traite des droits subjectifs, je retrouve la même réaction sur les visages de mes étudiants : l’incrédulité. Moi-même je regrette de ne pas pouvoir percer davantage ce mystère, (l’est-il vraiment ?) du droit musulman.

Même avec la modification de la Moudawana , le droit marocain ne reconnaît toujours pas le droit à l’adoption. Autrement dit, seul l’enfant légitime est reconnu, a le droit de porter le nom des ses parents, de bénéficier de l’héritage, etc. Si les parents veulent absolument avoir un enfant qui n’est pas le fruit de leurs entrailles, ils n’ont qu’à recourir à la kafala qui n’apporte que peu de garanties à cet enfant puisqu’il garde son nom d’origine et ne peut aucunement bénéficier ni du nom de ses parents, ni de l’héritage…

L’adoption est ainsi un des domaines sacrés du droit musulman. Mais celui-ci tient tout de même compte de la situation des enfants orphelins et leur réserve un traitement tout particulier…Il est en effet très intéressant de noter que dans le rite hanéfite, pour pallier à l’impossibilité d’adoption, on rattache l’enfant au dernier mari de la femme même si celui-ci est mort ou a divorcé (de cette même femme) depuis cinq ans !   Ainsi, l’enfant gardera le nom de son « présumé » père et pourra aussi bénéficier de l’héritage…

A chaque fois, mes étudiants trouvent cela hallucinant et je les comprends, ils me posent alors un tas de questions auxquelles seul un savant religieux pourrait répondre sans sourciller. Moi je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse tolérer (au sein d’une religion) la liberté sexuelle pour ne pas toucher à l’interdiction d’adoption …Mais heureusement pour nous, nous ne suivons pas le système hanéfite et puis notre droit musulman a subit quelque modifications dictées par les avancés de la science. Il n’empêche que la théorie existe belle et bien et a au moins l’avantage de faire méditer ceux qui croient que la religion musulmane est inhumaine. En même temps, il est inconcevable qu’à notre époque, il soit encore interdit d’adopter des enfants qui ont en tellement besoin.  

Par LionnedAtlas
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Samedi 10 février 2007

 

 

 

 

LE MONDE | 07.02.07 | 14h12 

 

Pour mieux protéger l'environnement, la Commission européenne souhaite pénaliser les infractions graves : dans une proposition de directive qui doit être rendue publique jeudi 8 février, elle prescrit des peines de prison (jusqu'à dix ans) et des amendes (jusqu'à 1,5 million d'euros) en cas de "crimes verts". Elle estime que seules des sanctions pénales peuvent imposer le respect de l'environnement.

 

"Ces sanctions reflètent une désapprobation de la société, qualitativement différente de celle manifestée par le biais des sanctions administratives ou d'une indemnisation au civil", explique-t-elle dans son exposé des motifs. En outre, observe-t-elle, "il existe une garantie supplémentaire d'impartialité des autorités chargées de l'enquête pénale parce que ce sont d'autres autorités que les autorités administratives ayant accordé les licences d'exploitation ou les permis de polluer".

 

 Neuf types d'infractions sont définis par le texte. Seraient passibles d'une peine de cinq à dix ans de prison les infractions commises intentionnellement telles que "le rejet, l'émission ou l'introduction d'une quantité de substances ou de radiations ionisantes dans l'atmosphère, le sol ou les eaux, qui causent la mort ou de graves lésions à des personnes" ou "de substantiels dommages à la qualité de l'air, du sol, de l'eau, aux animaux et aux plantes". Sont concernés également "la fabrication, le traitement, le stockage, l'utilisation, le transport, l'exportation ou l'importation de matière nucléaires ou d'autres substances radioactives dangereuses qui causent ou sont susceptibles de causer la mort ou de graves lésions à des personnes, ou des dommages substantiels à la qualité de l'air, du sol, des eaux, à des animaux ou à des végétaux".

 

 PEINES PRIVATIVES DE LIBERTÉ

 

  La Commission avait déjà tenté de pénaliser les crimes contre l'environnement dans une proposition de directive datant mars 2001. Mais le Conseil de l'Europe avait refusé de l'adopter : soucieux de sauvegarder sa souveraineté en matière pénale, il avait fait valoir que la Commission n'avait pas le droit de proposer un tel texte qui empiétait sur les prérogatives des Etats.

 

 A la demande du Danemark, le Conseil avait adopté, en 2003, une décision cadre dont le contenu était relativement proche mais la base légale différente : il évoquait une "coopération policière et judiciaire en matière pénale". Ce choix interdisait au Parlement toute codécision législative en amont et à la Commission toute intervention destinée à contrôler la mise en oeuvre du texte.

 

  La Commission , soutenue par le Parlement, s'était plainte auprès de la Cour de justice, qui lui a donné raison, dans un arrêt de septembre 2005 très critiqué par les souverainistes. "C'est du fédéralisme judiciaire !", avait protesté Patrick Louis, eurodéputé et membre du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers. Le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel et le premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen avaient fait part de leur irritation, demandant que l'on "repense" le rôle de la Cour de justice.

 

 En annulant la décision cadre du Conseil, la Cour européenne limite en effet la souveraineté pénale des Etats : elle estime que la Communauté a le droit de proposer des sanctions pénales lorsque ces dernières permettent de faire respecter sa législation.

 

 La nouvelle proposition de directive de la Commission sera examinée à la fois par le Parlement et par le Conseil. La Commission aura le pouvoir d'en vérifier la bonne transposition, après son adoption. "Il y aura pourtant débat sur le fait qu'elle propose un quantum pour les peines, qui n'existait pas dans la décision cadre du Conseil, estime un diplomate, sous couvert d'anonymat. La Cour ne lui a nullement donné le pouvoir d'harmoniser le droit pénal."

 

 Le texte adopté par le Conseil se contentait de dire que les Etats "prennent les mesures nécessaires pour que les infractions soient passibles de sanctions pénales effectives, proportionnées et dissuasives, qui incluent, au moins dans le cas les plus graves, des peines privatives de liberté pouvant donner lieu à extradition".

 

 Rafaële Rivais  Article paru dans l'édition du 08.02.07

 

  Quand je lis ce genre d’informations, je ne peux m’empêcher de penser à ce qui se passe chez nous, où l’industrie pollue et détruit et où nous continuons à pénaliser les populations locales qui elles ne demandent qu’à survivre... Je pense plus particulièrement aux enfants de Khénifra morts à cause du froid alors que leurs terres recèlent des richesses incroyables de bois !

 

 Voir à ce propos, le numéro 256 du magazine TEL QUEL http://www.telquel-online.com/256/couverture_256_1.shtml

 

 où on peut lire notamment ce qui suit :

 

 « Paradoxalement, la commune la plus sinistrée de la région est aussi la plus riche. Anemzi renferme l'une des plus grandes réserves de cèdre du pays. L'année dernière, les recettes d'exploitation forestière étaient estimées à 7 millions de dirhams, au moins. Qu'a-t-on fait de tout cet argent ? Qu'a-t-on fait pour éviter qu'une grippe n’emporte des dizaines de morts ? “Rien, tout est parti dans le budget de fonctionnement de la commune. C'est la loi qui le veut ainsi”, reconnaît le gouverneur.

Résultat : la commune aux 7 millions de dirhams ne dispose même pas d'un dispensaire, ni d'un réseau d'électricité ou d'eau potable. Elle attend encore l'arrivée, de plus en plus improbable, de l'INDH, ce méga-projet de développement du nouveau règne. “Au départ, nous y avons cru. Nous avons préparé plusieurs projets de développement. Plusieurs commissions provinciales se sont réunies. J'ai personnellement noirci un tas de paperasses. Et tout ce qu'on nous a promis, c'est une ambulance qui ne pourra même pas emprunter nos pistes accidentées et qui ne sera peut-être jamais livrée”, se désole un fonctionnaire d'une commune voisine.
 »

 

 C'est ca notre droit pénal de l'environnement à nous!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE MONDE | 07.02.07 | 14h12 

 

 

Pour mieux protéger l'environnement, la Commission européenne souhaite pénaliser les infractions graves : dans une proposition de directive qui doit être rendue publique jeudi 8 février, elle prescrit des peines de prison (jusqu'à dix ans) et des amendes (jusqu'à 1,5 million d'euros) en cas de "crimes verts". Elle estime que seules des sanctions pénales peuvent imposer le respect de l'environnement.

 

 

"Ces sanctions reflètent une désapprobation de la société, qualitativement différente de celle manifestée par le biais des sanctions administratives ou d'une indemnisation au civil", explique-t-elle dans son exposé des motifs. En outre, observe-t-elle, "il existe une garantie supplémentaire d'impartialité des autorités chargées de l'enquête pénale parce que ce sont d'autres autorités que les autorités administratives ayant accordé les licences d'exploitation ou les permis de polluer".

 

 

 Neuf types d'infractions sont définis par le texte. Seraient passibles d'une peine de cinq à dix ans de prison les infractions commises intentionnellement telles que "le rejet, l'émission ou l'introduction d'une quantité de substances ou de radiations ionisantes dans l'atmosphère, le sol ou les eaux, qui causent la mort ou de graves lésions à des personnes" ou "de substantiels dommages à la qualité de l'air, du sol, de l'eau, aux animaux et aux plantes". Sont concernés également "la fabrication, le traitement, le stockage, l'utilisation, le transport, l'exportation ou l'importation de matière nucléaires ou d'autres substances radioactives dangereuses qui causent ou sont susceptibles de causer la mort ou de graves lésions à des personnes, ou des dommages substantiels à la qualité de l'air, du sol, des eaux, à des animaux ou à des végétaux".

 

 

 PEINES PRIVATIVES DE LIBERTÉ

 

 

  La Commission avait déjà tenté de pénaliser les crimes contre l'environnement dans une proposition de directive datant mars 2001. Mais le Conseil de l'Europe avait refusé de l'adopter : soucieux de sauvegarder sa souveraineté en matière pénale, il avait fait valoir que la Commission n'avait pas le droit de proposer un tel texte qui empiétait sur les prérogatives des Etats.

 

 

 A la demande du Danemark, le Conseil avait adopté, en 2003, une décision cadre dont le contenu était relativement proche mais la base légale différente : il évoquait une "coopération policière et judiciaire en matière pénale". Ce choix interdisait au Parlement toute codécision législative en amont et à la Commission toute intervention destinée à contrôler la mise en oeuvre du texte.

 

 

  La Commission , soutenue par le Parlement, s'était plainte auprès de la Cour de justice, qui lui a donné raison, dans un arrêt de septembre 2005 très critiqué par les souverainistes. "C'est du fédéralisme judiciaire !", avait protesté Patrick Louis, eurodéputé et membre du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers. Le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel et le premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen avaient fait part de leur irritation, demandant que l'on "repense" le rôle de la Cour de justice.

 

 

 En annulant la décision cadre du Conseil, la Cour européenne limite en effet la souveraineté pénale des Etats : elle estime que la Communauté a le droit de proposer des sanctions pénales lorsque ces dernières permettent de faire respecter sa législation.

 

 

 La nouvelle proposition de directive de la Commission sera examinée à la fois par le Parlement et par le Conseil. La Commission aura le pouvoir d'en vérifier la bonne transposition, après son adoption. "Il y aura pourtant débat sur le fait qu'elle propose un quantum pour les peines, qui n'existait pas dans la décision cadre du Conseil, estime un diplomate, sous couvert d'anonymat. La Cour ne lui a nullement donné le pouvoir d'harmoniser le droit pénal."

 

 

 Le texte adopté par le Conseil se contentait de dire que les Etats "prennent les mesures nécessaires pour que les infractions soient passibles de sanctions pénales effectives, proportionnées et dissuasives, qui incluent, au moins dans le cas les plus graves, des peines privatives de liberté pouvant donner lieu à extradition".

 

 

 Rafaële Rivais  Article paru dans l'édition du 08.02.07

 

 

  Quand je lis ce genre d’informations, je ne peux m’empêcher de penser à ce qui se passe chez nous, où l’industrie pollue et détruit et où nous continuons à pénaliser les populations locales qui elles ne demandent qu’à survivre... Je pense plus particulièrement aux enfants de Khénifra morts à cause du froid alors que leurs terres recèlent des richesses incroyables de bois !

 

 

 Voir à ce propos, le numéro 256 du magazine TEL QUEL http://www.telquel-online.com/256/couverture_256_1.shtml

 

 

 où on peut lire notamment ce qui suit :

 

 

 « Paradoxalement, la commune la plus sinistrée de la région est aussi la plus riche. Anemzi renferme l'une des plus grandes réserves de cèdre du pays. L'année dernière, les recettes d'exploitation forestière étaient estimées à 7 millions de dirhams, au moins. Qu'a-t-on fait de tout cet argent ? Qu'a-t-on fait pour éviter qu'une grippe n’emporte des dizaines de morts ? “Rien, tout est parti dans le budget de fonctionnement de la commune. C'est la loi qui le veut ainsi”, reconnaît le gouverneur.

Résultat : la commune aux 7 millions de dirhams ne dispose même pas d'un dispensaire, ni d'un réseau d'électricité ou d'eau potable. Elle attend encore l'arrivée, de plus en plus improbable, de l'INDH, ce méga-projet de développement du nouveau règne. “Au départ, nous y avons cru. Nous avons préparé plusieurs projets de développement. Plusieurs commissions provinciales se sont réunies. J'ai personnellement noirci un tas de paperasses. Et tout ce qu'on nous a promis, c'est une ambulance qui ne pourra même pas emprunter nos pistes accidentées et qui ne sera peut-être jamais livrée”, se désole un fonctionnaire d'une commune voisine.
 »

 

 

 C'est ca notre droit pénal de l'environnement à nous!

 

 

 

 

 

Par LionnedAtlas
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Dimanche 17 décembre 2006
Chaque année, le même problème se pose dans les facultés de droit (et je présume dans plusieurs autres facultés) : les mémoires de fin d’étude. Chaque année certains « professeurs » entament le combat pour le droit (si j’ose dire) pour savoir qui va encadrer qui, qui aura le plus grand nombre de mémoires à encadrer, etc. Je ne sais si c’est un fait spécifique à la faculté où je suis, mais ce qui me chagrine le plus ce n’est pas tant ce combat ridicule que les sujets même de ces mémoires. Chaque année, on enfonce les étudiants dans la médiocrité en acceptant des « mémoires » où aucun effort intellectuel n’est encouragé, si ce n’est celui de copier ce que les autres ont déjà fait et aussi s’ingénier dans la présentation du fameux mémoire. Parce que la créativité des étudiants est bien là : il y a ceux qui suggèrent des présentation power point et ceux qui font de jolis dessins sur leur document…Mais dans le fond, c’est toujours la même symphonie qui revient : des sujets plats, arides, répétitifs, bref, la créativité est ailleurs…Rien que le titre vous donne envie de vous endormir…ouvrir le document fini par vous asséner le coup de grâce…
La faute de tout ça n’est pas exclusivement celle des étudiants. Les enseignants, le système des études et même l’administration ont un grand rôle à jouer là-dedans.
Les étudiants ne sont pas encouragés à créer, ni même à s’exprimer : j’ai vu des prof qui demandent à leur étudiants de se taire (scout !). C’est grave surtout quand il s’agit d’un prof de droit !
Par ailleurs, même si les profs font des efforts, il reste que la créativité demande un minimum de moyens, comment demander à un peintre de créer si on ne lui fourni ni pinceaux, ni peinture ? Face à leur bibliothèque rachitique, face aux comportements souvent impolis des responsables de ses bibliothèque (l’autre jour, j’ai surpris le chargé de la bibliothèque en train d’insulter l’Etat, la faculté, les étudiants, et tout ce qui bouge parce qu’il était submergé par la masse des étudiants venus réclamer des livres !!), les étudiants et les profs, finissent par tout laisser tomber…
 
Retour à la case de départ, à la monotonie « scientifique », au plagiat…tout ce qui compte c’est le diplôme, pour pouvoir accéder au monde du travail, même si on est pas du tout outillé pour cette tache. On fera mieux plus tard !
Pour les profs, le manque de créativité de leurs étudiants les réconforte dans leur idée de départ (les étudiants sont nuls, le niveau a baissé, etc.) et les enfonce chaque année un peu plus dans la léthargie et le fatalisme…
Pour les plus courageux, ils se disent qu’ainsi ils sont tranquilles pour faire leurs propres recherches sans se casser la tête avec des étudiants qui n’en valent pas la peine…
Vive la recherche scientifique au Maroc !
Par LionnedAtlas
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Dimanche 17 décembre 2006
Dans mon cours, je dois attaquer avec les étudiants les questions relatives aux pouvoirs des institutions constitutionnelles, le Roi, Parlement et Gouvernement. Déjà aux premières séances, j’ai remarqué les regards ébahis de mes étudiants, leurs sourires à peine dissimulés…C’est comme si j’étais en train de raconter une blague ! Et pourtant, raconter le droit constitutionnel à des étudiants au courant des pratiques « constitutionnelles » est en fait un exercice délicat. Comment convaincre un(e) étudiant(e) dont le frère aîné a passé une année devant le parlement à crier et à se faire tabasser, que le parlement est une institution qui représente le peuple et qui exprime ses attentes ? Bien sur les étudiants ne sont pas dupes, mais l’enseignement académique occulte tout un pan du droit tel qu’il se vit et auquel il faudrait accorder autant d’attention que le reste. Il est temps d’ouvrir les portes du parlement aux étudiants pour leur permettre de vivre le droit. Il est temps de faire comprendre aux étudiants que le droit qu’ils apprennent n’est pas celui qu’ils vont retrouver par la suite, que ce qu’on leur enseigne n’est en fait que de la science fiction !
Hélas, beaucoup d’enseignants trouvent que ces questions ne méritent pas d’être traitées en cours parce qu’on se faisant on dépasse nos prérogatives à savoir expliquer le droit. Beaucoup croient à tort que parler de la pratique du droit c’est parler de politique et que comme c’est tabou, il vaut mieux éviter pour ne pas s’attirer des ennuis et de se voir retirer son gagne pain ! C’est ainsi qu’on prépare nos étudiants à ce que l’on pourrait appeler la « schizophrénie juridique ».
Par LionnedAtlas
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Jeudi 2 novembre 2006
J’avais écris ici même il y a quelques temps les questions que je me posaient concernant Comment enseigner la terminologie juridique? . Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et je me rends compte en me relisant que je faisait un énorme pléonasme en me demandant commet considérer la terminologie juridique comme une science. Bref, aujourd’hui, je reste encore sur ma faim bien que je crois avoir trouvé une méthode simple et adaptée pour expliquer la terminologie juridique aux étudiants débutants. Je reste sur ma faim pour diverses raisons :
1. Je bloque toujours sur la recherche de l’origine étymologique des termes juridiques en arabe (ex. : pourquoi avoir traduit le mort droit par kanun ? d’où vient ce mot au juste ? a-t-il toujours signifié « droit » ou alors y a-t-il eu d’autres mots équivalents du mot droit ? etc.). Dans le fameux dictionnaire « lissanAl Arab » on trouve quelques esquisses de réponses, mais quand j’ai commencé, rien qu’avec le mot « droit » j’ai eu mon compte (plusieurs pages) mais pas de véritable réponses (c’était plutôt littéraire).
Moralité : je peux parfaitement expliquer l’origine étymologique de termes juridiques en français, mais en arabe je suis incapable de savoir pourquoi on a octroyé tel terme à telle institution juridique…Devant la difficulté d’une telle entreprise, j’ai fini par laisser tomber, pour l’instant !
2. J’ai de plus en plus l’impression que pour mieux enseigner la terminologie juridique, il faut aussi maîtriser la linguistique. Au Maroc, je ne pense pas qu’il y ait des études faites la dessus comme il n’y pas non plus de légistique http://webdroit.unige.ch/cours/general/def/legistique.html#La. Or, je n’ai aucune véritable compétence dans ce domaine, pour l’instant !
3. Je ne sais toujours pas où doit s’arrêter mon cours ! La terminologie juridique c’est vaste. Si je me contente d’apprendre aux étudiants les termes et leurs traductions qu’ils auront à rencontrer lors de l’année, je risque de chevaucher sur d’autre cours. Le seul avantage pour eux reste donc la traduction. D’ailleurs c’est ce qu’ils retiennent puisque souvent ils se contentent d’apprendre par cœur les traductions de termes qu’ils trouvent dans certains polycopiés. Or, la traduction en elle même est une science à part entière (http://www.village-justice.com/articles/traduction-juridique-Methodes-sources,1215.html) qu’il ne faut pas prendre à la légère et surtout pas se contenter de faire la liste de mots et leurs équivalents en français sans explications.
C’est donc sur ce dernier point que j’insiste avec plus au moins de succès, comme je tente d’attirer l’attention des étudiants sur le style des lois et des jugements. Mais il y a encore plein de pistes à explorer (1 et 2 notamment).
Ca se corse lorsque j’entame le cours de droit comparé où je dois leur parler de la terminologie du droit anglais par exemple. Là ça deviens vraiment absurde (dans les facultés européennes on apprends la langue en même temps que le droit comparé). Les étudiants ont tendance à confondre les deux cours.
 
Je dois dire que l’étude du style des lois est un exercice fort passionnant. Ce qui est comique dans l’histoire c’est que l’objectif de l’enseignement de la terminologie juridique vise, à mon sens, à démontrer aux étudiants que les termes juridiques ne sont pas à prendre à la légère et qu’on ne peut utiliser un mot à la place d’un autre. La terminologie juridique est la science de la précision puisqu’il en va de la sécurité juridique. Cependant, à la lecture des textes de lois on se rend compte que souvent la précision est le cadet des soucis du législateur. Un exemple « passionnant » parmi d’autre la Constitution notamment dans sa version arabe (dans le même ordre d’idées je dois souligner que je n’ai pas encore trouvé un dictionnaire juridique arabe qui arrive au niveau du dictionnaire Henri Capitant : souvent ce sont des traductions approximatives qui ne prennent pas en compte la diversité des systèmes juridiques et qui ne présentent pas de véritables définitions juridiques). Pour revenir à la Constitution, la version arabe opère un amalgame ou du moins un manque de précision des termes de proposition de loi et de projet de loi. Quand on se tue à expliquer aux étudiants que la proposition de loi c’est l’initiative des loi prise par le Parlement et que le projet de loi c’est l’initiative de loi prise par le gouvernement et qu’on trouve que la version arabe ne considère pas que cela soit important (articles 52 et 54 de la version arabe de la Constitutionاhttp://www.maroc.ma/NR/exeres/59096D32-166D-4078-B90A-735F767BFBDB.htm  on découvre qu’on est en plein légistique, mais ce qui reste vraiment dur à faire c’est d’expliquer aux étudiants que la Constitution puisse se tromper, qu’elle puisse ne pas être précise alors qu’on leur enseigne que le droit c’est la science de la précision, blablabla, qu’il y a un principe qui s’appelle la Constitutionnalité des lois, etc.
Un jour un de mes étudiants a fait le commentaire suivant : puisque même la Constitution s’en fou de la précision des termes juridiques, alors pourquoi nous demandez à nous d’êtres tatillons quant à l’emploi de ces termes?

Que voulez –vous répondre à ça ? Je me suis contenté de lui dire que c’était ça la légistique qu’il va falloir absolument développer au Maroc et que un jour il va peut être faire partie de la commission qui s’occupe de l’écriture des lois pour que nous aussi nous puissions avoir de belles lois claires et précises aussi rédigées dans un arabe limpide et traduites de manière scientifique non pas du français à l’arabe, comme cela semble le cas maintenant (puisque les textes français sont souvent mieux écrits), mais aussi dans l’autre sens et pourquoi pas en Amazigh ou même en Darija ? Mais là, ça risque de compliquer davantage le cours de terminologie juridique !

Par samya
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