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Vendredi 11 janvier 5 11 /01 /Jan 13:42

 

 

Medi1 consacrera désormais une nouvelle émission à l'université marocaine. La première a commencé Mercredi dernier

. Je l'écoutais en faisant mes surveillances et franchement la personne interviewée semble parler d'un système qui se trouve ailleurs, dans une contrée lointaine, car moi j'étais bel et bien là en train de surveiller une centaine d'étudiants à l’affût de la moindre occasion pour sortir leur antisèches...Un examen traditionnel en somme, que l’interviewé dit qu'il a disparu avec la réforme. Ah bon ? Lui arrive-t-il à ce monsieur respectable, président d'université qui plus est, d'aller faire un tour dans les facultés durant cette période de l'année ?

Parfois, ça donnait même l'impression que Yasmine (la journaliste qui fait les interviews), connaissait mieux que le lui le système universitaire marocain ! Étais-ce le trac du direct ? Déscendez sur terre messieurs les hauts responsables ! L'université marocaine va mal, très mal. Il y règne une ambiance sectaire et ça pue le Makhzen dans son sens le plus péjoratif ! L'accès aux études (notamment aux masters) se monnaie souvent et le système des instances est un flop total (car justement, il ne fait que ressusciter l'instinct tribal. Il ne faut pas croire que science rime toujours avec conscience!). Le contenu des cours, les méthodes d'enseignement et d'évaluation sont archaïques. La bureaucratie règne en maître absolu et le plan d'urgence n'a pas servi à grand chose finalement.

Recrutez plus d'enseignants ! Installez des fonds documentaires, favorisez des abonnements aux revues scientifiques, donnez-nous du matériel pédagogique moderne, et laissez nous nous débrouillez pour chercher des collaborations avec d'autres universités sans nous imposez votre bureaucratie ! Envoyez nous des gens compétents pour contrôler ce qui se passe à l'intérieur des murs car, croyez moi, ça pue vraiment !

 

 

Par LionnedAtlas - Publié dans : lionnedatlas
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Vendredi 11 janvier 5 11 /01 /Jan 01:29

Ca peut atteindre des proportions extraordinaires, comme ce qui m’est arrivé ce semestre avec le coordonateur de filière. Tout a commencé quand j’ai fixé la date du dernier contrôle, je m’en suis tenue à la réforme qui incite à effectuer des contrôles continus plutôt que de juger les étudiants sur un seul examen. J’ai donc fait faire trois contrôles durant le semestre…mais quand les jours des examens sont arrivés (parce qu’il y en a qui continuent à faire comme s’ il n y a jamais eu de réforme universitaire et font passer un gros examen aux étudiants), on a programmé ma matière  bien que j’aie précisé que j’avais déjà fait mes contrôles…Bref, pour « me punir », le chef a déclaré partout, devant la commission pédagogique (les instances ! tafiil al hayakil !), au sein du conseil du département, aux étudiants (qu’il a traité de « patates » (ouach ntouma btata ???) parce qu’ils laissent la prof faire ce qu’elle veut sans s’indigner…) et il m’a déclaré qu’il ne tiendrait pas compte de mes notes, que ceux-ci seront annulés et que je dois absolument faire passer « le gros examen »…

Selon lui, le fait que j’ai surveillé toute seule les étudiants aurait pour conséquence que les résultats ne seraient pas objectifs dans la mesure où les étudiants auraient pu tricher…Quand je pense que ce même collègue, et plein d’autres, passe son temps  à déambuler dans les couloirs quand il a une surveillance d’examens, quand je pense à l’armada de profs qui vient scruter certains amphis ou salles non pas parce qu’ils veulent traquer les tricheurs, mais parce que, par hasard, dans ces amphis ou salles se trouve la/les pin up de la fac…Tout le monde le sais, tout le monde connaît leur magouilles, mais ils doivent penser que personne ne se rend compte de rien… rames-papier-aquarelle.1242626963.jpg

Pour une rame de papier, il vaut mieux être dans le clan du chef, sinon quelle humiliation ! L’autre jour, en allant demander ma part de papier, j’ai halluciné en entendant le chef me demander « c’est pourquoi faire ? », « mais c’est pour me torcher le c… pardi ! Justement il n’y pas de papier toilette aux toilettes… » aurais- je du répondre (l’état des toilette universitaire est si, comment dire ? Mais ne-nous-égarons pas !). Je me suis abstenue de faire une quelconque remarque désobligeante et j’ai ravalé ma dignité quand il m’a demandé combien de papier je voulais, « un, deux, trois… »… Il a commencé à compter les feuilles de la rame de papier fourni par l’administration et j’ai su que dorénavant je devrais ramener mon propre ravitallement. Et c’est là que j’ai pensé avec beaucoup de nostalgie à mon bureau quand j’étais thésarde dans une ville au-delà de la Maditerranée, quand j’avais tout le papier que je voulais, l’encre d’imprimante que je voulais, un bureau confortable, tellement confortable que je ne le quittais presque jamais ! C’est comme si je pressentais ces jours de vache maigre à venir où on compte le papier en mouillant son index, et où on vous demande le regard inquisiteur : « c’est pourquoi faire ? »…

Alors, bien sûr que je frôle l’hystérie quand j’obtiens une signature, une bonne rame de papier ou une cartouche d’encre, quand je fais jouer mes  relations ou quand je suis là par hasard lors de la distribution de la manne par l’administration…J’ai appris qu’il vaut mieux ne pas en faire tout un plat, ca énerve le chef et sa horde, ca jacasse dans les couloirs et ca vous colle tous les sobriquets, c’est pas bon pour le moral…

Décidemment, la révolution universitaire ce n’est pas moi qui la ferais. Je manque atrocement de cet atout ô combien utile sous nos beaux cieux : l’art de perdre son temps dans les futilités… 

Par LionnedAtlas - Publié dans : lionnedatlas
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Dimanche 19 février 7 19 /02 /Fév 15:17

Cela fait plus d’un mois et demi que les facultés marocaines sont en standby. Certes il y a des épreuves qui ressemblent plus aux anciens examens qu’aux contrôles continus tels que la réforme les prévoient, mais peu d’enseignants semblent avoir compris l’avantage du système modulaire. Le phénomène de la rétention des notes qui ne dit pas son nom peut commencer ! Il y a deux matières par module. Déontologiquement, dans chaque module, il y a deux enseignants. Chaque enseignant prie intérieurement pour que l’autre ne soit ni un ni un paresseux, ni un sadique, qu’il n’ait pas une affaire de mahlaba ou de ventes de bétails quelques parts, qu’il n’ait pas des engagements avec d’autres écoles privées (qui ne pardonnent jamais les retards à livrer les notes), etc.

Mais ceux qui prient ne sont pas légion. Le résultat est que tout le monde compte sur tout le monde pour livrer les notes à la dernière minute. Concrètement, cela donne des cours de facultés où les étudiants errent en attendant que les notes s’affichent. « Est-ce que « flane » s’est affiché ? » se demandent t-il ? Il ne disent ni le prof untel, et passent outre le nom de la matière. Ils ne demandent pas par exemple est ce que le prof de droit administratif a affiché les notes, mais tout simplement, « est ce que le prof s’est affiché ? », subtilité de la langue et raccourcis pour désigner un phénomène qui échappe au contrôle. Tout d’ailleurs y échappe. Depuis que la réforme a « donné la main » aux « instances », c’est l’anarchie qui règne. Les cours commenceront probablement en mars et dureront un mois et demi ; voire deux mois, selon les profs. Bien que le cahier des charges indique que chaque matière a une charge horaire de 40 heures, quasiment personne ne respecte ce quota. Il y en qui finissent leurs cours au bout de quatre séances de deux heures, soit quatre fois deux ; huit ! Huit sur quarante ! Et ils arrivent à fermer l’œil la nuit ? Il y en a qui ne viennent pas tout simplement. Personne ne peut rien y faire. Les instances se sont les prof. Le syndicat est là prêt à brandir son épée à chaque fois qu’un élément du « corps enseignant » est touché ! Les étudiants ? Ils ont trop peur de se plaindre. Ce qui les importe c’es temps t la NOTE. Et puis, pour certains, ces quelques semaines de répit ca ne les dérange pas outre mesure puisque ca leur permet de rêvasser tranquillement sur facebook entre autre… Comment gèrent-ils le stress de ne pas savoir quelle note ont-ils eu dans telle ou telle matière ? S’ils doivent passer le contrôle de rattrapage ou pas ? Personne ne semble s’en soucier ! Même pas eux on dirait !

Il reste l’autre catégorie de prof. Les profs assiégés, tout comme les étudiants, qui bien qu’ayant fini les corrections, insérer les notes, ne peuvent pas afficher ces notes car comme c’est un module, ils doivent attendre que l’autre prof ait aussi insérer les notes de sa matière. Or, s’il fait partie des prof du « côté obscure de la force », c’est foutu ! Ca donne des coups de fils à n’en pas finir (souvent c’est la boite vocale qui répond !), des prise de becs, des animosités qui s’attisent, les étudiants en font les frais bien sûr. Car l’autre s’entête et fait tout pour ne pas répondre à l’appel de son collègue. C’est la guère des notes. L’état de siège peut commencer ! Et cela dure environ quatre mois dans l'année universitaire!

Par LionnedAtlas - Publié dans : lionnedatlas
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Lundi 15 août 1 15 /08 /Août 04:35

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Non ceci n’a rien à voir avec la révolution arabe…Quoique, une révolution universitaire, à défaut d’une réforme efficace, s’impose.

L’expression phare de la réforme universitaire dont tout le monde se gargarise est « dynamiser les structures », à chaque réunion, à chaque conversation, à chaque pause café, à chaque meeting syndical, ces mots sont scandés, plébiscités, magnifiés…  « Tafiil al haikil ». Dis sur un ton indigné, susurrés ou balancés, en plein milieu d’autres mots, comme s’il fallait absolument les sortir, ces mots, comme s’il fallait les exorciser, les répéter pour mieux les ancrer dans les cerveaux des autres, ceux qui ne savent pas que c’est très important de dynamiser les structures, voyons, mais c’est ca la réforme, la philosophie de la réforme, vous ne saviez pas ? Mais il faut vous y mettre mon vieux, la réforme ca n’attend pas, c’est maintenant ou jamais. On va encore rater une station là ! « mahata tarikhiya » en plus ! Alors, dynamisez les structures !

En fait, les structures ce sont tout simplement les départements (conseil, chef) et les filières (coordonateur, responsables de modules, etc), le conseil de la faculté (et de l’université)  et les commissions (pédagogiques, scientifiques, etc.)…

L’idée de base est plutôt louable : donner aux enseignants la possibilité de se gérer eux même, une sorte de séparation des pouvoirs en fait. Sauf que en désignant des collègues pour faire le travail, du genre signer la fameuse autorisation de quitter le territoire, signer une demande de mutation, signer un bon pour une rame de papier, une cartouche d’encre, etc, il suffit de tomber sur un teigneux, paresseux, navetiste (les profs qui font la navette, ils sont légion, ce n’est pas grave en soi, sauf s’ils insistent pour avoir des poste de responsabilité du genre chef de département ou coordonateur de filière et qu’il faut attendre les jours où ils sont là pour une misérable signature…) , ou tout simplement sur quelqu’un de l’autre clan (parce qu’il y a des clans à la faculté !), il suffit donc que le chef soit absent, mal luné, occupé, rancunier, pour que vos projets soient remis à une date ultérieure…Le pire ce sont les reports de cours, les autorisation d’absence où il faut absolument avoir l’accord du chef, quand celui-ci est absent, il faut avoir son accord…par téléphone, et là, l’administrateur de service, peut vous pourrir l’existence, car, avant qu’il y ait « activation des structures » c’était l’administration qui s’occupait de tout ca  « et maintenant qu’on vous a donné le pouvoir de vous gérer vous voyez ce que vous en faite ?». L’administrateur bombe donc le torse et vous balance qu’il ne peut vraiment rien faire pour vous car « c’est ainsi « taffiil al haikil »,  ce n’est pas vous qui l’avez demandé ca ? Moi je ne fait qu’appliquer la loi ! ». Ah le fameux « appliquer la loi », utilisé à si bon escient, ca vous met tout de suite KO ! Car que répondre devant ça ?  Quelque part, il n’a pas tort le bougre, mais vous sentez bien qu’à l’arrière plan il y a une montagne de mauvaise foi qui ne dit pas son nom…Alors, c’est là que commence le bal des appels téléphoniques, la voix qui monte, qui sermonne, qui devient à la foi mielleuse et réprobatrice, « ach had chi a si flane ? «  tu as laissé la prof « meskina » sans nouvelle ?! « Je lui ait bien dit qu’il fallait que tu sois là pour qu’elle puisse reporter son cours, c’est toi le chef et je ne peux rien faire sans ton accord »…Bien flatter pour se faire bien voir, c’est tout le même le chef, le complexe makhzénien peut ressurgir là on ne s’y attend pas… Ces gens là, ils jouent une vielle pièce avec de nouveaux costumes, un nouveau décor, en façade, tout est neuf, mais les gens s’oublient, ils sont chefs alors, ils font les chefs…

Par LionnedAtlas - Publié dans : lionnedatlas
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Vendredi 29 juillet 5 29 /07 /Juil 23:52

Oui, je sais, je n'ai pas été à la haureur de mon blog. Je l'ai négligé, laissé en jachère, ingnoré...Ce ne sont pas les maux qui manquent, mais peut être ais-je pris le pli? Parler, palabrer, rédiger quelques pauvres mots sur un écran pour que tout le monde apprenne combien c'est dur la vie universitaire au Maroc, quel exploit! Pendant ce temps là, rien ne change, et je sais que jamais je n'aurais la verve, ni le verbe d'Ibn Kafka...mais comment fait-il? A chaque événement, à chaque nouvel info, il est là détaillant la chose, cherchant des liens utiles, donnant son avis...Chapeau bas cher collègue! Chapeau bas à tous les blogueur fidèles et consciencieux!
 Moi j'ai l'impression qu'il me faudrait une vie parallèle pour pouvoir à la fois préparer mes cours, faire de la recherche, et vivre...Le temps me file entre les doigts comme une poudre magique et quand je pense à reprendre mon blog, je me dis mais que vais-je dire? Continuer à me lamenter son mon sort? Oui, j'avoue qu'en parler soulage. Mais je ne vais tout de même pas en parler jusqu'à ma retraite de cette fameuse réforme universitaire mal foutue!!

Il est vrai que maintenant nous avons droit à des stages payés au frais de la princesse 15000 dh en tr images.jpg ois ans. Que veut le peuble? Tout le monde se creuse le ciboulet pour dénihcer quelque part où aller faire ce fameux stage pédagogique. Cette année j'ai du faire trois dossiers pour profiter de la manne. Mais à chaque fois, les frais du stage s'évéraient bien plus élévés que le montant alloué. Une vraie formation qui en vaut la peine coute 200 euros, sans compter les divers autres frais d'hébérgement, de voyage etc., alors 15000 dh...C'est bien, maisl il faut avoir le salaire idoine. C'est pas que nos salaires sont bas, mais ils sont bien chétifs par rapport à ce qu'on est censé en faire: acheter des livres, aller à des conf, etc...Ce n'est donc pas étonnant que la plupart des enseignants universitaites aient des "affaires" à côté: écoles privées, téléboutiques et autres étrangetés...J'ai même un collègue qui vend du bétail: "alors ils t'on offert combien pour le veau? 10000 dh? (ndlr: le salaire d'un mois presque) Bon, tu attends que j'arrive..." crie-t-il au téléphone avec son accent (de vendeur de bétail) à son associé. S'il ne confond pas les étudiants à son bétail ca va. Mais moi je me demande comment fait-il pour arriver la tête bien pleine de droit (si au moins il enseignait le droit des affires!) tout frais pour l'ingugiter à ses étudiants...Car il ne faut pas penser qu'à l'université nous faisons autre chose que de l'ingurgitation forcée. Oh bien sûr, nous essayons, mais combien de fois les plus téméraires d'entre nous s'essouflent, viellisent d'amertume à force de trouver le fil du téléphone coupé, la porte de la standardiste fermée, le bureau du secrétaire déserté... Alors beaucoup choisissent la politique du "je fais mon tour de théâtre et je me casse".

L'enfer c'est les autres, les collègues qu'on a choisi pour nous représenter, font les chefs devant les étudiants et se tranforment en petits dictateurs...Ca je brule d'envie d'en parler. Tant pis je crois que je vais continuer à venir ici, à mon petit confessoire, à mon petit arbre à palabre, il était temps que je vienne l'aroser celui-là!!

 

Par LionnedAtlas - Publié dans : lionnedatlas
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Lundi 21 juillet 1 21 /07 /Juil 13:18

La convocation indiquait 9h00. Une heure normale pour les délibérations. A 11h00, les premiers profs arrivaient. A 9H45, je pris la décision de quitter les lieux, mais un collègue m’en dissuada. En attendant, nous avons parlé du laxisme régnant, puis nous n’avions plus rien à ajouter.
A 11h 15, il n’y avait plus personne dans la salle des délibérations. Ceux qui venaient d’arriver ont pris la direction de la buvette universitaire pour siroter du café infect. En attendant, nous avons encore parlé de choses et d’autres, des vacances qui passent trop vite, de la chaleur qui ne donne pas envie de travailler, de la rentrée qui risque d’être compromise par le mois sacré… A 12h nous étions enfin prêts pour délibérer. Certes le compte n’y était pas. Sur une dizaine de profs, il n’y avait que quatre. Un des profs avait des rectifications à apporter. L’administrateur nous signala qu’on ne pouvait pas délibérer jusqu’à ce que les rectifications soient faites. Il n y’en avait que quatre à faire sur huit cent. Mais on devait tout de même attendre. Je commençait sérieusement à m’énerver et je décide de prendre le large jusqu’à ce que les quatre notes soient rectifiées. C’était le moment d’aller voir où en sont les choses pour mon dossier à l’administration. Cela me demanda une demi heure environ. Au retour, il n’y avait plus personne dans la salle des délibérations. L’administrateur m’informa que les profs sont partis manger… « T’as qu’à revenir demain, que veut tu faire, c’est comme ça en fin d’année… De toute façon c’est l’horaire d’été, on arrête dans une demi heure... ». Le lendemain, je décide d’arriver à 10h pour leur expliquer combien c’est pénible de faire attendre les gens. Il n’y avait que le prof de la veille qui attendait sagement dans la cour. Les autres sont arrivés vers 10h 30, du progrès par rapport à la veille. A peine arrivés, ils ressortent pour fumer leurs cigarettes devant la porte de la salle des délibérations. Une fois à l’intérieur, c’est l’administrateur qui se souvient subitement qu’il n’avait pas encore pris son café. On attend encore durant une trentaine de minutes, on parle des mêmes sujets de la veille… Certains, et pas des plus ponctuels, maugréent… Pour nous occuper, on tente de s’entendre sur les critères de rachetage. Faut-il tenir compte de l’année de l’inscription seulement ou également de la note ? Faut-il racheter à partir de 9, 8 ou 9, 9 ? Rien que ces deux questions suffisent à énerver quelques uns qui n’acceptent pas le seuil fixé par d’autres. C’est au milieu de cette cacophonie que l’administrateur fait son entrée, verre de noss-noss à la main, démarche nonchalante et sourire en coin. Il sait qu’il est « l’homme de l’heure ». Il nous tient enfin. L’heure des comptes a sonné. Je glisse ostensiblement les feuilles contenant les lites des notes sous ces yeux. J’avais déjà fait la veille des petites croix devant les noms d’étudiants susceptibles au rachetage, ainsi que devant les matières où ils devaient l’être. Ce n’était pas sorcier. Mais notre administrateur me montra d’autres feuilles qu’il avait imprimé contenant les mêmes listes mais tenant compte, cette fois-ci, des rectifications apportées par mon collègue la veille. Il me recommanda de recommencer l’opération. Tout le monde s’atèle à la tache. Cela dura une heure. Finalement on décide de ne racheter que trois étudiants sur quinze. Il fallait maintenant faire entrer ces changements dans la matrice. L’administrateur nous informa qu’il était l’heure de partir. On n’avait qu’à revenir demain… « non, demain c’est Samedi, Lundi donc… ». Les étudiants qui attendaient déjà depuis une semaine, ne comprenaient pas pourquoi on ne leur affiche toujours pas leurs notes… Il faisait une chaleur étouffante, et je me surpris à prononcer la réplique makhzénienne sortis probablement du fin fond de mon inconscient : « revenez Lundi »…

Par LionnedAtlas - Publié dans : lionnedatlas
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Mardi 17 juin 2 17 /06 /Juin 01:50

Tout le monde est d’accord la dessus, la Fondation n’est plus ce qu’elle était. Avant, on pouvait déambuler tranquillement dans les couloirs remplis d’ouvrages, on pouvait feuilleter à loisir revues et bulletins soigneusement classés par date, on pouvait s’enivrer de l’odeur fraîche des derniers numéros de revues ou des effluves vieillies des bons manuscrit gardées dans la fraîcheur du sous sol... Avant, nous n’étions que quelques uns à partager le plaisir de cette rencontre qui pouvait durer jusqu’à une heure tardive. Nous faisions nos découvertes dans le silence religieux d’une mosquée entrecoupé par des psalmodies que même les plus athées commençaient à adorer. Si cette bibliothèque était logée dans l’enceinte d’une mosquée pour inciter les gens à prier, nous prierons tous.
Mais le silence religieux se transforme en vacarme d’écoliers, surpris, autant que nous l’étions au début de tant de savoir disponible. Par ailleurs, l’accès direct aux revues et à certains ouvrages nous est désormais interdit. Il suffit de voir le front luisant de sueur des chargés de photocopie pour comprendre là où nous sommes rendus. Le rush et l’indisponibilité des ouvrages on augmenté la demande en copies, sans compter le facteur géographique qui fait que les chercheurs viennent de tout le Maroc pour passer un jour ou deux dans cette Mecque du savoir en sciences sociales.
L’étudiant marocain a un rapport particulier avec le livre. On a tous connu la petite fenêtre qui nous servait d’accès au peu d’ouvrages des bibliothèques universitaires. On commençait par chercher la côte du dit ouvrage dans des petit casiers dont les feuilles étaient quasiment illisibles, puis on inscrivait la côte sur un imprimé (quand il était disponible) qu’on tendait à la bibliothécaire. Pendant longtemps, je n’ai vu de celle-ci que son bras sertit d’un gros bracelet en or. Par contre, je l’ai souvent entendu râler parce que je la fatiguais par mes demandes incessantes. C’est par ce petit trou qu’on avait accès au savoir. La découverte de la Fondation a été un choc pour beaucoup d’étudiants. Pour ce qui me concerne, j’avais déjà vu les bibliothèques françaises. Quand on a vu Cujas, Pompidou ou la BNF, on est fière d’avoir la Fondation sur nos terres à nous, mais on reste nostalgique de l’ambiance des bibliothèque d’outre mer.
Revenue sur ces terres, j’ai eu « le malheur » de faire un tour dans quelques temples du savoir. Ca n’a pas changé, c’est « pire ». Sachant que je venais de « loin », la documentaliste s’est doublement occupée de moi. A la fin, j’avais envie de lui sauter dans les bras. Ca doit être ça le choc des cultures...
Revenue dans ma bibliothèque universitaire rachitique, je mesure davantage le fossé qui nous sépare du monde développé. J’ai toujours honte de faire faire des recherches bibliographiques à mes étudiants. Si le gouvernement veut bien leur payer des chambres en cité universitaire à Casablanca, ou à la rigueur tripler le montant de leur bourse, je suis d’accord, autrement, ça serait du sadisme.
Au Maroc, on oublie souvent que le travail de documentaliste est un vrai métier. Je connais des documentalistes qui font du secrétariat et des pistonnés qui occupent le poste de documentalistes. Il suffit pourtant de mettre la bonne personne au bon poste pour que les choses évoluent. Nous avons une école à Rabat qui forme des documentalistes. Où vont les lauréats de cette école ? Pourquoi avons-nous des bibliothèques de m. qui contrastent avec les belles bâtisses où elles sont logées ? Qu’attendons nous pour investir dans les bibliothèques numériques ? Il suffirait que nos universités se mettent en réseau pour partager les frais.
En attendant, on peux toujours consulter les sommaire des grandes revues sur internet, histoire de rester dans le vent!

Par LionnedAtlas - Publié dans : lionnedatlas
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Mardi 29 avril 2 29 /04 /Avr 22:18

Hier j’ai eu un moment de solitude en plein cours sur la common law. Les étudiants, qui ont déjà du mal avec le Français, ont refusé de venir au séminaire sur la terminologie du droit anglais. Je les comprends. Mais alors que devrais-je faire de ce cours ? C’est bien cela le droit comparé ? Pour les besoins de mon cours, j’ai dû contacter d’autres prof, pour avoir leur vision de la chose. En général, il s'agit de prof d'universités étrangères. Mais, de manière générale, on ne peut enseigner le droit comparé sans parler de la common law. Ce système juridique est le deuxième au monde après le système romano-germanique applicable au Maroc. Les étudiants ont par ailleurs un autre cours sur la Chariaa. En première année, il est peut être précoce de leur enseigner cette matière (le droit comparé), mais en même temps, je suis convaincue des perspectives qu’elle présente.

Hier, je me suis également aperçue que les étudiants ne connaissent pas encore l’organisation judiciaire du Maroc, alors que cette matière est prévue dans le cours d’intro au droit (transformé à juste titre en cours de droit positif). A quoi ça sert de leur parler de la cours suprême des Etats-Unis s’ils ne savent pas encore le rôle de la notre ?

Que faut-il enseigner ? Un droit lointain inaccessible, souvent aux prof eux-mêmes, ou un droit de proximité enfermé sur lui-même ?

Je ne saurais répondre. Le droit des autres nous est de toute façon presque interdit. Ca coûte terriblement cher de suivre des cours de common law chez les common lawyers. Et puis pour ce que ça donne, c’est même pas la peine d’essayer...
Et pourtant…

Le Maroc, partie aux accords de libre échange avec les USA, ouvert à la mondialisation du commerce, aura besoin de juristes pluri-sytémiques. Dans d’autres pays appartenant pourtant au système romano-germanique, on forme des juristes en common law et même en droit chinois, conjoncture oblige…Alors pourquoi pas nous ?

Il est vrai que tous les juristes ne sont pas à la même enseigne. Qui étudie le droit Al Akhawayne n’est pas comme qui l’étudierai à la fac de Dhar El Mahras ou à IBn Zohr… Il y a juriste et juriste, même si tout le monde peut avoir accès à la langue, tout le monde ne peut pas avoir accès au droit fait dans d’autres langues. On n’apprend à la populas que ce qui peut lui permettre de travailler avec le strict minimum…Quels choix ont-ils donc ces étudiants à part devenir avocats, fonctionnaires ou à rigueur juges ?

Il ne faut donc plus s’étonner de la qualité des jugements, ni pérorer sur l’ouverture d’esprit des juges…

« Voici-ce-que-vous-allez-manger » comme dirait l’autre…

Aux lauréats des grandes écoles, les grands cabinets d’avocats, les sociétés multinationales, où ils excelleront en tant que juristes multi-systèmiques, alors que nos étudiants des facultés, trouvent encore aberrant qu’on leur donne des « lectures » à faire en anglais ou même en français…

Par LionnedAtlas - Publié dans : Enseignement de droit
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Samedi 19 avril 6 19 /04 /Avr 01:51

C’est en pénétrant l’enceinte de l’Adminisration que je me rends compte immanquablement  que mon droit ne m’a pas servi à grand-chose.

A chaque fois, j’appréhende le moment de la confrontation avec le "makhzen" ce qui semble étonnant pour une juriste. Les regards inquisiteurs des agents administratifs, les « revenez » demain, à 14h, m’indisposent... L’attente interminable dans les couloirs de supplice m’achève…

Ce qui m’impressionne et désole à la fois c’est le hiatus entre le zèle employé dans l’art du bâtiment et la médiocrité du service.

Mon droit m’aurait servi si j’arrivais à comprendre enfin cet acharnement à exiger une pile de document pour une simple besogne. Vous voulez avoir un certificat de résidence ? apportez donc deux photos (non pardon trois), un timbre, votre facture d’électricité, d’eau , de téléphone (mieux encore, votre quittance de loyer). ..Si au moins ils se mettaient tous d'accord sur le même nombre de documents!

Le Moqadem fait à chaque fois semblant de ne pas me reconnaître (ce qui en soi n’est pas mal !). Mais il ne faut pas se leurrer, ces questions interminables n’ont pour unique but que le désir de me soutirer quelques dirhams. Je sens le coup venir…lui n’en démord toujours pas, il continue de poser ses questions pour pouvoir se rappeler qui je suis, où j’habite au juste, dans sa tête il y a un « google earth » miniaturisé sauf que le sien est dix fois plus performant : il peut même situer les zones de richesses, les secrets de famille, les déplacements, les hobbies, les voyages, les visites, bref, je suis en plein « big brother » et je me dis que je n’en veux plus de son papier…

Face à l’échec de l’intimidation, arrive la technique de la complainte. Oui les moqadem ne sont pas bien payés, oui je sais combien cela coûte un litre d’huile et que quand on a des enfants il faut bien plus qu’un litre…

La paperasse c’est comme les poupées russes. Le certificat de résidence  n’est que l’une des pièces exigées pour renouveler le passeport. Il en faut plein d’autres...Ca se régénère!
 

J’ai beau étudier les prérogatives des Caids, Wali, etc. mais je me rends compte sur le terrain qu’il y a deux sorte de procédures : une procédure pour le commun des mortels et une procédure pour les initiés.

C’est ainsi qu’un agent de la Moukataa me dit sur un ton de confidence que pour renouveler mon passeport je peux zapper la case de la Moukataa et aller directement à la préfecture « si je connaissais quelqu’un là-bas ».

C’est ainsi que les initiés (comme j’aurais pu l’être si je connaissais quelqu’un) accèdent plus vite à leurs droits, alors que d’autres se perdent dans les dédales des couloirs des administrations.

Si au moins nous avions des chaises pour s’assoire. On dirait que l’Administration s’acharne à nous fatiguer, nous énerver, pour qu’on finisse par capituler…

Il y a le classique agencement des bureaux, qui vous transforme en un personnage du « Procès ».  Il y a le ton sarcastique des agents administratifs qui ne ratent pas une occasion pour vous sermonner sur votre ignorance en matière de paperasse administrative. Celle-ci se révèle du coup être une véritable branche du savoir que j'ignore..."Quoi tu ne savais pas qu'il fallait approter TROIS COPIES, LEGALISEES?". 


Mais ce qui m’exaspère le plus c’est le silence des lieux entre midi et 15h dans une Administration censée appliquer l’horaire continu.

Le silence cède la place au bal coloré des costumes, des dossiers, dès que 15h a sonné. On dirait une troupe de théâtre sortie des coulisses. Le travail peut reprendre jusqu’à 16h30 maxi! Ca se voit que ces gens là on fait leur sieste : tout d’un coup, c’est le branle-bas, les portes s’ouvrent et se referment en cadence, les dossiers font leur procession vers les bureau des chefs, l’odeur du thé à la menthe emplie les lieux… S’il ne faisait pas aussi chaud, on se croirait en pleine matinée...

Mon attente a duré deux heures. Je dois garder ce qui me reste de sang froid pour affronter la seconde étape.

Je tombe sur un étudiant qui travaille à la préfecture. Il se dirige vers moi, me salue, me demande ce que j’attends, je me rappelle vaguement de son visage, il me dis que je n’ai qu’à lui confier les documents. En une seconde je me retrouve dans la catégorie des initiés!

L’étudiant me rappelle que je lui avais collé un PV aux examens. Toute la scène me revient : Il refusait d’admettre qu’il avait triché et pourtant j’avais toutes les preuves en main. Il avait pleuré. J’étais restée de marbre. Il a dû passer en conseil de discipline... 

 

Tout d’un coup, je change encore une fois de statut. Il me demande de patienter et ne revient plus.  Il a peut être prévenu ses collègues que je suis la méchante prof...
J’aurais mon passeport dans un mois si tout va bien... Je viens d’apprendre qu’il y a aussi une troisième catégorie d’administrés : Moi… Je vous avez bien dis que mon droit ne m’a pas servi à grand-chose !

 

 

Par LionnedAtlas - Publié dans : lionnedatlas
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Lundi 17 mars 1 17 /03 /Mars 17:01

Sur l'aimable invitation d'Ibn Kafka, je me résigne à répondre au jeux des six vérités que voici:
1-
     
L’intitulé de ce blog m’a été soufflé par une remarque (très flatteuse je trouve) de mon maître de droit lors de ma soutenance de thèse

2-     Ce blog a été fait pour récolter des idées sur la pédagogie appliquée au droit

3-     Ce blog anonyme est aussi, vous l’aurez remarqué, un espace où je dis ce que je n’aurais pas pu dire ailleurs, non pas seulement en raison de la censure sous-jacente généralisée, mais aussi parce qu’il n y a pas de plateforme d’échanges sur le droit, ni sur son enseignement

4-     Ce blog avait aussi pour ambition de constituer un forum de discussion entre enseignants de droit

5-     J’ai servis d’aide pêcheur durant deux jours (mal de mer et tout ce qui s’en suit) et si je n’avais pas fait le droit, j’aurais certainement fait matelot ( e) ou guide touristique dans l’Atlas.

6-     Je n’ai aucune appartenance politique et si je devais choisir je choisirais l’école stoïcienne 



Je passe la main à Iconoclasse, Kisomnou, Naim.  

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