Le fossé

Publié le par LionnedAtlas

Il existe dans les facultés marocaines un grand fossé entre les prof selon leur provenance (je ne parle pas ici des origines ethniques, c'est un autre sujet!). Je veux parler des facultés de provenance selon qu'elles soient marocaines ou étrangères. Dès le départ, les prof sont auto-triés en vertu d'un schéma préétabit : groupe des francisants et groupe des arabisants. Les premiers reprochent au second leur manque de communication, leur fidélité au système makhzénien, leur incarnation de l'ancien régime, leur conservatisme...Les sesonds quant à eux s'évertuent à critiquer les diplômes (et les diplômés)provenant d'ailleurs en prétendant que ceux qui partent pour revenir avec un diplôme n'auraient eu aucune chance d'en décrocher un s'ils étaient restés au Maroc! Bref, selon eux les facultés d'ailleurs seraient beaucoup trop laxistes !

Cette réalité amère a tendance à s'exacerber notamment suite aux revendications des enseignants détenant des diplôme français quant à leur droit de bénéficier du grade de professeur de l'enseignement supérieur au lieu d'attendre quatre années (comme le font les autres) avant de pouvoir passer le concours d'accès à ce grade. Ces revendications sont justifiées par le fait que d'autres diplômes étrangers ont un traitement beaucoup plus avantageux et qu'il est anormal que les diplômes français fassent l'exception...Ces revendications ont récemment pris un nouveau tournant plus radical puisque certains enseignants détenteurs de diplômes français ont entammé une grève de la faim! (voir article Aujourdhui le Maroc: Les enseignants interpellent Jettou http://www.aujourdhui.ma/societe-details49988.html).

Mais quid des diplômés marocains? Que valent les doctorats occtroyés au Maroc? Reconnaître à certains diplômes étrangers une valeur supérieure aux diplômes nationaux n'est ce pas la preuve "officielle" de leur notriété? N'est ce pas une manière de dire que les diplômes nationaux ne valent pas un clou?

Nul besoin de comparer les universités françaises, anglaises ou américaines...à nos universités. C'est un exercice très frustrant!Mais lorsqu'on occtroi un diplôme, le minimum c'est de faire en sorte qu'il puisse servir. Certes, après concours (qui n'en est pas vraiment un d'ailleurs!), les docteurs "made in morocco" peuvent enseigner dans les universités.Mais c'est tout ce que leur trophé leur ouvre comme possiblités et ce pour une période de quatre ans. Ils n'ont même pas le droit de se rallier à la cause de leurs collègues "produits ailleurs". Ils doivent attendre sagement (mais activement) de pouvoir être considérés comme de vériables professeurs. Etre professeur ca se mérite. C'est la toute la question!

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lionnedatlas 11/12/2006 22:57

Bonsoir Soufiane et désolée pour ce retard!
Je ne dis pas que je suis contre les revendications des docteurs en grève de la fin, bien au contraire. C'est vrai que leur situation est assez particulière parce qu'il s'agit de ceux qui ont regagné les facultés marocaines avant la réforme. Je voulais juste parler du fossé qui existe dans nos facultés et qui est peceptible dès qu'il sagit de faculté de composante hétérogène (arabophones, francophones). On pourrait d'ailleurs transposer le problème à l'ensemble de la société marocaine...Il y a un mal entendu, un manque de comprhénsion entre les deux "protagonistes". De plus, l'Etat lui même enfonce le clou quand il réserve un traitement différent à chacun...J'ai un peu dévié du sujet de base, certes...Je suis tout à fait solidaire avec les collègues grèvistes victimes du manque de visibilité de l'Etat sur le dossier de l'enseignement supérieur.

A.soufiane 29/11/2006 01:29

Salutations
Nos félicitations pour votre blog.
Une petite précision si vous le permettez. Le probléme des enseignants chercheurs marocains titulaires du doctorat français est la conséquence d'une Discrimination. En effet  les doctorats provenant des pays autres que la France ont reçu une équivalence avant le recrutement sauf le doctorat français.
Actuellement elles et ils sont au 29éme jour de la grève de la faim.Consultez leurs sites et informez vous

Othman 26/11/2006 07:15

Salut citoyenne.J'ai eu le plaisir de frequenter une universite marocaine il y a 25 ans. On me raconte que les choses ne vont pas si bien qu\\\'auparavant, et je comprend donc que l\\\'on soit tenter de quitter leplusbeaupaysdumonde. Aie  ... don\\\'t do it. The grass always looks greener on the other side.Bon courage.

Ibn Kafka 14/11/2006 18:11

Salut Lionne!
L'histoire des docteurs d'Etat français ne m'inspire guère: je me rappelle avoir lu quelque chose sur le coût d'une régularisation de tous les titulaires de ce diplôme, opération qui coûterait des centaines de milliards de centimes à l'Etat, pour un apport assez maigre. Le rendement de l'enseignement supérieur, que tu décris, nécessiterait sans doute une révolution, laquelle nécessiterait hélas une dictature militaire pour s'imposer à tous - la moindre réforme vers une université sélective et l'adéquation des filières aux débouchés entraînerait des émeutes.
Et tu as raison de pointer le sort des diplômés marocains: pourquoi les pénaliser par rapport aux titulaires de diplômes étrangers? N'est-ce pas contraire au principe d'égalité ainsi qu'à la souveraineté marocaine?

lionnedatlas 14/11/2006 17:51

Salut Loula, je viens également de découvrir ton blog que je trouve magnifique! Pour ce qui est du pourcentage, j'avoue ne pas avoir une idée bien précise! Je suis cependant certaine que le nombre d'étudiants en droit bas les records (il doit certainement y avoir des chiffres sur le site du ministère au moins ceux de l'année dernière). J'ai également eu une proposition pour travailler au Canada et que j'ai eu un moment d'hésitation qui fut fatal. ..Rien n'est perdu cependant mais ce n'est pas une décision qu'on prends à la légère bien que je sois également un peu nomade dans l'âme. Mais une fois qu'on a commencé ici, même si les problèmes existent, on fini par s'ancrer...et on culpabilise à l'idée de partir comme si on allait faillir à un engagement...C''est un entiment terrible...Mais il est vrai que souvent, lorsque le vase déborde, l'idée de tout plaquer devient lancinante jusqu'à ce qu'on retrouve nos chérubins en amphis et qu'ils nous fassent oublier nos projets de "fuite". Qui s'occuperait de faire avancer les choses si nous partions tous??